Former ou Déformer ?

E-learning, EAD, FOD, FOAD, …. Désormais parlons F.C.A.D (Formation Continue A Distance).

E-learning, EAD, FOD, FOAD, …. Désormais parlons F.C.A.D (Formation Continue A Distance).

Une observation d’opérationnel

Depuis 2011, le Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg (SFC Unistra) a mis en place un plan de recherche et développement ambitieux sur le E-learning. Bien que public, il est comparable à un organisme de formation privé qui développe chaque jour des contenus de formation en étant confronté au management de formateurs et aux contraintes économiques de son activité. Ces développements ont nécessité d’acquérir un grand nombre de nouvelles compétences, voire d’en créer. Ces compétences sont à la fois technologiques, pédagogiques, économiques, juridiques et marketing. En fait, tout ce qui représente la chaine de valeur de la création de formations continues à distance.

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Grande Ecole et acteur innovant de la Formation Continue, ça va de pair.

Grande Ecole et acteur innovant de la Formation Continue, ça va de pair.

Géraldine Minguet, Directrice du Développement Economique du Groupe ESC Clermont, gère la Formation Continue de l’Ecole. Depuis 5 ans elle et son équipe ont construit une offre globale, en croisant les savoir-faire et les travaux de recherche en sciences de gestion des professeurs de l’Ecole, aux apports et besoins des entreprises et managers du territoire.

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Faire grandir et transformer vos collaborateurs avec la pédagogie Early Maker

Faire grandir et transformer vos collaborateurs avec la pédagogie Early Maker

Thierry Picq, Directeur Early Maker Development d’emlyon business school,
nous présente cette approche innovante et nous explique quelle est sa valeur ajoutée pour les entreprises et les organisations.

Qu’est-ce que signifie votre approche Early Maker ? 

Au travers de cette pédagogie, nous voulons former des individus et accompagner des organisations afin qu’ils deviennent porteurs d’innovations et acteurs du changement. Dans un monde complexe, incertain et hautement technologique, les modes d’apprentissages « top down » de connaissances figées sont devenus obsolètes. Pour faire évoluer nos programmes avec notre approche « Early Maker », nous nous concentrons sur :
• Le renouvellement des contenus : au-delà des disciplines classiques du business, nous nous intéressons aux enjeux sociétaux, aux nouvelles technologies et à leur limite, à la capacité à anticiper et à travailler dans l’incertitude pour développer une posture en adéquation avec le monde actuel ;
• Le processus pédagogique : nous privilégions l’expérience et la mise en situation en misant sur le coaching, le tutorat, le mentoring et des dispositifs qui permettent de recueillir un feedback et de faire un suivi. 

L’idée est de former des personnes qui pourront remettre en cause l’existant en questionnant et observant le monde qui les entoure, mais qui seront aussi capables de passer à l’acte même si elles ne disposent pas de toutes les informations. En effet, un Early Maker est quelqu’un qui agit, qui tire les conclusions de ce premier passage à l’acte pour mieux penser la suite et travailler en boucle itérative en ayant notamment recours au management agile, au design thinking…

Comment cela se traduit-il au niveau de vos formations executive ?

Nous proposons aux entreprises des formations sur-mesure centrées sur l’Action Learning. Il s’agit de former par la pratique, d’apprendre en faisant et de développer la capacité à faire autrement. Cela peut se traduire sous différentes formes dans la pédagogie. Nous concevons par exemple des programmes basés sur l’intrapreneuriat : nous incitons les participants à entreprendre au sein
même de leur organisation en travaillant sur des projets innovants qui répondent à plusieurs enjeux : business, RH, sociétaux….

Dans le cadre du programme co-construit avec Bristol Myers Squibb, cette démarche a fait émerger plusieurs projets tel que « Vik-e » (Victory in Innovation for Kids) : des robots
avatars mis à disposition d’enfants hospitalisés en onco-pédiatrie leur permettant de maintenir un lien social avec l’extérieur (maison, école…). L’immersion en start-up constitue également un bon moyen pour faire sortir les participants de leur zone de confort. Nous proposons ce mode d’apprentissage dans le programme conçu avec Bouygues Telecom.

Pendant 6 mois, les collaborateurs travaillent de manière active sur un projet d’une start-up, et font ainsi l’expérience de l’innovation frugale favorisant le transfert d'idées au sein de leur entreprise.

Quels sont les atouts et les spécificités de ces formations ? 

Aujourd’hui, les entreprises s’appuient de plus en plus sur leurs collaborateurs pour être des acteurs de l’innovation en interne. Notre approche Early Maker permet de répondre avec pertinence à ces attentes en proposant des programmes sur-mesure autour de leurs enjeux de transformation et d’innovation. Au-delà de la création de valeur directe pour l’entreprise, c’est aussi un vecteur
efficace de développement des compétences sur le plan collectif et individuel. L’Action Learning permet aux participants de développer leur capacité à entreprendre et à innover, mais aussi d’apprendre à travailler ensemble au sein de leur entreprise et de leur écosystème. Cette approche favorise le développement des réseaux, l’ouverture sur l’extérieur, et renforce la capacité à aller chercher là où se trouvent les ressources et les compétences nécessaires. Cette pédagogie active permet ainsi aux individus et aux entreprises de passer à l’action et de bénéficier immédiatement des apports de la formation.

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Devenir une entreprise apprenante... Entretien express avec Dominique PEPIN

Devenir une entreprise apprenante... Entretien express avec Dominique PEPIN

Dominique Pépin

Dominique Pépin, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez vous nous résumer ce qu’est, pour vous, la politique formation du Groupe.

La politique Formation se décline sur trois axes majeurs : D’abord comment accompagner les transformations culturelles et l’évolution nécessaire du management. Ensuite comment la formation peut-elle contribuer au développement du Groupe… (développement du portefeuille client, croissance du chiffre d’affaire…) et enfin, comment offrir une meilleure expérience aux salariés, ce qui passe par une remise en cause de la RH, des responsables formation, bref, de questionner comment nous travaillons.

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Organismes de formation : cap sur la qualité !

La récente loi portant réforme de la formation professionnelle a sanctuarisé la qualité comme outil de clarification et de professionnalisation d’un marché jusqu’alors relativement hétérogène et fermé. 2020 sera l’année de la mise en conformité à Qualiopi des organismes de formation qui, à partir de 2021, voudront continuer à générer du chiffre d’affaires de financements publics ou mutualisés. Plus globalement, 2020 devrait faire passer un cap à tous les acteurs de la profession qui souhaiteront continuer de proposer une offre de formation utile et performante sur le marché.

2018 : l’année du "big bang”

Adopté le 5 septembre 2018, le volet formation professionnelle de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a profondément modifié l’organisation du marché, posé les bases de nouvelles règles du jeu et donné aux parties prenantes jusqu’au 1er janvier 2021 pour s’y adapter et s’y conformer.

2019 vit se créer, s’organiser et commencer à travailler de nouveaux acteurs :

France Compétences, comme chef d’orchestre, autour duquel le marché se structure désormais;

11 Opérateurs de compétences (OPCO), en remplacement des 20 OPCA, avec des prérogatives d’accompagnement et de conseil aux entreprises resserrées et résolument tournées vers l’appui aux entreprises les plus petites ;

La Caisse des Dépôts, comme gestionnaire et opérateur du Compte Personnel de Formation (CPF), notamment via l’application Mon Compte Formation.

C’est également en 2019 que la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) dévoilait Qualiopi2 , nouveau référentiel qualité érigé au rang d’obligation de marché pour tout organisme de formation souhaitant continuer à tirer des revenus du CPF3, du plan de développement des entreprises4 ou encore de lignes de crédit de Pôle Emploi...

A douze mois de l’échéance, la conformité à ces nouvelles exigences de qualité doit plus que jamais être au coeur des priorités des organismes de formation : seuls ceux qui se saisiront du sujet pourront continuer à viser la manne financière des fonds publics ou mutualisés à partir du 1er janvier 2021.

La qualité comme outil de clarification du marché

Cette recherche et cette exigence de qualité ne sont pas une nouveauté, puisque la loi du du 5 mars 2014 exigeait des financeurs d’alors qu’ils s’organisent pour suivre et contrôler la qualité des organismes de formation. Constitué en GIE, ils créèrent Datadock, qui, jusqu’au 31 décembre prochain, s’est installé comme référentiel qualité de base.

Qualiopi fait entrer les acteurs du marché de la formation professionnelle dans une nouvelle ère. Ce nouveau référentiel institue en effet la conformité comme barrière à l’entrée - Datadock n’était jusqu’à présent qu’une mesure incitative. Surtout, le nouveau référentiel, construit sur des fondamentaux ISO, donne à la qualité une nouvelle dimension : à une logique de déclaration succède une logique de certification. C’est en effet un tiers certificateur, dûment habilité par l’Etat5, qui certifiera, de manière régulière (tous les 18 mois en moyenne) le niveau d’adéquation des processus et pratiques de chaque organisme de formation au référentiel, et lui remettra un certificat comme preuve de conformité.

Cette nouvelle logique va immanquablement conduire à une clarification du marché. On compte aujourd’hui 89.2176 organismes de formation, et moins de 20% d’entre eux affichent la formation professionnelle comme activité principale7. L’obligation Qualiopi va conduire bon nombre d’acteurs à renoncer à leurs activités et à leur numéro d’enregistrement. Observateurs et commentateurs s’accordent pour dire que le marché devrait se recomposer autour de 30.000 à 35.000 organismes de formation.

Qualiopi : l’impératif de qualité conçue

La DGEFP s’est largement inspirée de Datadock pour créer Qualiopi - notamment pour réduire le coût d’investissement des organismes de formation ayant déjà intégré les recommandations de Datadock.

Le nouveau référentiel est constitué de 32 indicateurs, répartis en bâti sur 7 critères principaux :

L’information des publics sur les prestations, les délais d’accès et les résultats obtenus ;

L’identification précise des objectifs des prestations proposées et leur adaptation aux publics bénéficiaires lors de la conception des actions ;

L’adaptation des prestations et des modalités d’accueil, d’accompagnement, de suivi et d’évaluation aux publics bénéficiaires lors de la mise en œuvre des actions ;

L’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement aux prestations mises en œuvre ;

La qualification et le développement des connaissances et des compétences des personnels chargés de mettre en œuvre les prestations ;

L’inscription et l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel - la seule vraie différence avec Datadock, qui ne prévoyait aucune disposition sur ce point

Le recueil et la prise en compte des appréciations et des réclamations formulées par les parties prenantes aux prestations délivrées

Pour clarifier les attendus et aider les organismes dans leur démarche de mise en conformité - et avant de prendre attache avec un certificateur pour audit, le Ministère du Travail a publié un guide de présentation8 et d’explicitation des indicateurs.

Qualiopi : une condition nécessaire, mais non suffisante

Si Qualiopi doit être au coeur des préoccupations des organismes de formation en 2020, viser sa conformité ne saurait suffire pour exister sur ce marché en recomposition. Qualiopi s’attache à décrire la démarche qualité de l’organisme de formation, pas de son offre de contenus.

En faisant du CPF la clé de voûte du système de financement public de la formation professionnelle, la réforme de 2018 force les organismes de formation à s’interroger sur la qualité-même des dispositifs formations qu’ils conçoivent et commercialisent - quel qu’en soit la nature ou la durée.

En effet, seules les formations dûment enregistrées auprès de France Compétences pourront faire l’objet d’une prise en charge sur fonds publics et/ou mutualisés :

le Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP) pour les diplômes sanctionnant l’acquisition d’un métier ;

le Répertoire spécifique des certifications et des habilitations (RS) pour les certifications sanctionnant l’acquisition de compétences, notamment transverses

La procédure de dépôt, désormais dématérialisée, a été simplifiée. Il n’en demeure pas moins que les commissions chargées d’étudier les dossiers sont aujourd’hui saturées et les délais d’instruction rallongés...

De la qualité conçue à la qualité perçue

Faire le pari de la qualité passera donc par une recherche de conformité Qualiopi et un travail sur le fond de l’offre de formation.

Si Qualiopi n’est aujourd’hui qu’une norme obligatoire pour se positionner sur le marché des financements publics et/ou mutualisés, il y a fort à penser que le référentiel va rapidement devenir un moyen pour les entreprises qui mobilisent des fonds propres de sélectionner leurs prestataire de formation. Ces acteurs trouveront en effet rassurant de s’adresser à des prestataires s’inscrivant dans une logique ISO, qu’ils ont par ailleurs l’habitude d’imposer à leurs autres prestataires sur d’autres sujets (ISO 9001, ISO 27001, etc.).

Qualiopi et les répertoires gérés par France Compétence sont deux dispositifs de qualité conçue. Le contexte de libéralisation accrue du marché et d’individualisation des projets de formation par les acteurs va rapidement faire émerger une nouvelle dimension : celle de la qualité perçue et de la recommandation. Quoi de plus fort, dans un marché libéralisé, que la prescription par ceux qui ont déjà acheté et consommé ?

S’engager dans une démarche qualité est un enjeu vital pour les organismes de formation en 2020, et ce n’est qu’un début !

 

Rémi Rousseau
Rémi Rousseau est consultant en formation professionnelle.
Notes

1 - Selon les propres termes de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, au moment de l’annonce des contours de la loi alors en préparation : https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/02/23/le-big-bang-de-penicaud-sur-la-formation-professionnelle_5261457_823448.html

2 - Décret n°2019-565 du 6 juin 2019 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038565259&categorieLien=id

Qualiopi ne sera pas une condition suffisante pour figurer au catalogue des formation éligibles au CPF - le critère d’inscription de la formation au RNCP ou au Répertoire spécifique demeurera.

Le plan de développement des compétences est un programme de financement des actions de formation des entreprises de moins de 50 collaborateurs géré par les OPCO, doté par France Compétences

La liste des certificateurs agréés par l’Etat est disponible sur le site du Ministère du Travail : https://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/acteurs-cadre-et-qualite-de-la-formation-professionnelle/liste-organismes-certificateurs

3 - Cf. données disponibles sur Data.gouv - consultées le 20 janvier 2020 : https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/liste-publique-des-organismes-de-formation-l-6351-7-1-du-code-du-travail/

Code NAF 85.59A : Formation continue d’adultes

4 - https://travail-emploi.gouv.fr/demarches-ressources-documentaires/documentation-et-publications-officielles/guides/guide-referentiel-national-qualite

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Mots-clés: FORMATiON, REFORME, COMPETENCES, PEDAGOGIE

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