Former ou Déformer ?

L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

Stéphane Pomares

Les softskills sont des compétences comportementales humaines, liées à nos émotions, à notre connaissance de nous-mêmes. Les neurosciences ont beaucoup évolué ces 3 dernières décennies et nous permettent aujourd’hui de comprendre comment un comportement naît, s’ancre et se modifie. Parallèlement est apparu le courant de la Psychologie Comportementale et l’ère du Numérique. Au regard de ces nouvelles connaissances et sciences, comment la formation professionnelle peut-elle faire évoluer ses pratiques pour gagner en efficacité tout en réduisant ses coûts pour être accessible à un public plus large ?

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Le nouveau rôle de l’entreprise dans la formation aux gestes qui sauvent

Le nouveau rôle de l’entreprise dans la formation aux gestes qui sauvent

Au préalable, un constat : la France fait partie des mauvais élèves de l’Europe dans le domaine de la formation de la population aux premiers secours. En effet, à peine 20% des Français sont formés alors que 90% des Norvégiens le sont. Cette trop modeste politique de formation a une incidence directe sur le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque qui s’élève à 5% dans l’hexagone contre 40% en Norvège.  

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Déconstruire, questionner et s'adapter pour mieux se développer

Déconstruire, questionner et s'adapter pour mieux se développer

 

Interview croisée de Christophe Carpinelli, Directeur adjoint de l’Executive Education, et de Jean-Michel Moutot, Docteur en gestion et professeur de management à Audencia. Ils nous en disent plus sur les nouvelles approches poussées par Audencia afin d’aider les entreprises dans leur transformation dans un contexte marqué par la crise, les incertitudes et la nécessité d’évoluer.

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Edtech - La formation vers les étoiles

Edtech - La formation vers les étoiles

Depuis le temps que nombre d’acteurs Edtech nous promettent " la révolution de l’éducation " pouvons-nous espérer qu’en 2020 nous allons trouver matière à des innovations qui soient enfin à la hauteur d’une telle promesse ?

Voilà 30 ans que les dénominations successives des modalités de formation innovantes se sont transformées, passant tour à tour de l’EAO à la FOAD, puis au e-learning pour arriver au Digital Learning.

Parallèlement, les enjeux eux aussi ont fini par pivoter.

Longtemps l’ambition incarnée par l’usage du digital a résidé dans la potentielle capacité à embarquer des apprenants présents sur une zone de chalandise toujours plus grande, en s’affranchissant des contraintes du présentiel. Il fallait alors réussir à réduire les coûts et les temps de déplacement et offrir l’accès à la connaissance pour ceux qui en sont géographiquement les plus éloignés. Cette ambition sincère et louable, a fait long feu devant les chiffres cruels des taux d’attrition des apprenants abandonnés à leur isolement sur des parcours de formation en ligne. Cet échec patenté a permis aux acteurs EdTech d’apprendre, d’expérimenter et de tirer des enseignements riches de promesses.

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La VAE dans tous ses états

Le 17 janvier 2002, la VAE nait. Expériences, compétences et savoirs enfin réunis. La main et l’esprit. Un triomphe espéré. Mais elle se heurte vite au réel. L’enfance est difficile. Les entreprises ne prennent pas le temps d’appréhender ce nouveau dispositif. Le corps professoral est sceptique. Les jurys peinent à se mobiliser. L’adolescence est tout autant tumultueuse. La VAE est écartée des grandes réformes mais elle se bat et refuse de succomber à la diplômite aiguë, cette terrible maladie tellement française.

Le 17 janvier 2020, la VAE devient majeure. Elle fête ses 18 ans et redresse la tête. C’est aujourd’hui. C’est l’âge de tous les possibles. Et elle entend le faire savoir.

Gageons qu’elle trouve enfin la place qu’elle mérite dans ce paysage en pleine ébullition de l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi. Il est en effet temps qu’elle soit considérée à la hauteur de ce qu’elle peut apporter : en plus d’être un autre accès à la certification, elle est porteuse de richesses insoupçonnées.

Contrairement à ce qu’on lit, la VAE n’est ni en stagnation, ni en déclin. Il se dit régulièrement que le nombre de diplômés par la VAE varie, mais les chiffres et statistiques sont incomplets. On ne connaît pas le nombre de personnes qui entreprennent chaque année une VAE (ce chiffre serait pourtant intéressant, car il indique l’intérêt que les " usagers potentiels " de la VAE portent au dispositif), ni celui des candidats qui se font accompagner…

Dès lors, comment serait-il possible de conclure ?

Retour vers le futur : la VAE est un processus qui permet d’acquérir un diplôme - le véritable diplôme, pas une copie - en faisant valoir son expérience, sans retour en formation et sans examen. On ne lui connait pas, à ce jour, d’équivalent aussi puissant.

Le parcours auquel tout candidat doit se prêter quand il se lance dans une VAE est d’une exigence absolue. Il oblige à une réflexivité, à une analyse introspective de son expérience qu’elle soit professionnelle ou non. Il permet d’acquérir une capacité à savoir identifier, nommer et valoriser ses compétences. Il amène à développer une appétence à apprendre par soi-même; il apporte confiance et estime de soi; il permet une évolution de sa posture professionnelle vers une attitude proactive; il contribue à une montée en compétences par l’analyse de son expérience et, in-fine, il apporte une augmentation de son employabilité.

Ainsi, la VAE apporte-t-elle un ensemble de richesses que l’on n’imaginait pas au départ mais que ses 18 ans d’existence ont fini par révéler.

C’est précisément ce à quoi il convient aujourd’hui de s’intéresser. Dans un monde en plein bouleversement, ces nouveaux potentiels apparaissent comme des réponses possibles aux tensions et problèmes sociaux, économiques et humains que notre société rencontre.

Le challenge consiste à libérer la VAE des lourdeurs et des préjugés dans lesquels elle est enfermée et à lui donner une véritable puissance d’action pour qu’elle devienne un outil de développement des compétences, de formation, de nouvelles voies d’apprentissage, de valorisation de l’individu autant que de soutien pédagogique comme d’aide au retour à l’emploi.

Voici quelques départs de réflexions à ce qui pourrait donner naissance à une nouvelle VAE :

En premier lieu, il conviendrait de fluidifier le système : réduire les délais de traitement, organiser plus fréquemment des jurys, développer et encadrer les pratiques d’accompagnement, mieux financer la démarche et faciliter l’accès au processus… Il serait également intéressant de réfléchir aux façons de favoriser l’ouverture du champ de la VAE à un plus large public, notamment les publics prioritaires… d’imaginer les formes nouvelles qu’elle pourrait prendre pour répondre aux enjeux d’employabilité qui sont au cœur de notre problématique contemporaine.

De nombreuses pistes sont envisageables. En voici trois :

1 - La VAE Hybride : lorsqu’une entreprise veut faire évoluer les compétences de ses salariés, son réflexe est de les envoyer en formation. Le résultat est parfois décevant.

La VAE hybride est une alternative qui consiste à proposer une VAE assortie d’un complément de formation qui permet d’acquérir les compétences nécessaires à son évolution professionnelle. Au terme du parcours, un jury neutre et souverain validera ou non le diplôme et donc la montée en compétences du salarié.

Cette VAE hybride possède plusieurs avantages :

Elle génère chez le salarié, un intérêt très fort pour son entrée en formation (et donc une grande assiduité) car elle conduit à une reconnaissance universelle qui va au-delà de l’entreprise : un diplôme

Elle propose un parcours de formation d’entreprise qui se dédouane d’une approche scolaire de sanction par l’examen et qui n’est donc ni déconnectée du terrain, ni anxiogène.

Elle a une efficacité pédagogique décuplée : apprendre en parallèle de l’analyse de son expérience passée et présente, en se projetant dans l’avenir.

2 - La VAE Express : à destination des demandeurs d’emploi, cette VAE, déclinée sous la forme d’une "expédition VAE", est une sorte de " Task Force " de trois mois vécu en groupe.

Son objectif est de redynamiser le demandeur d’emploi, de lui redonner confiance en lui permettant de développer un projet professionnel autour de la possible obtention à court terme d’une certification. Le souhait est que ces VAE se déroulent en concertation avec les certificateurs afin qu’ils anticipent l’organisation des jurys.

Il est également possible que chaque candidat se forme sur d’éventuelles lacunes identifiées (ou sur des compétences transverses) grâce à des modules de montées en compétence digitalisés (on retrouve le principe de la VAE hybride dans une approche individualisée). Des expérimentations ont déjà été conduites et ont montré que cela fonctionne.La VAE Express : à destination des demandeurs d’emploi, cette VAE, déclinée sous la forme d’une "expédition VAE", est une sorte de " Task Force " de trois mois vécu en groupe. Son objectif est de redynamiser le demandeur d’emploi, de lui redonner confiance en lui permettant de développer un projet professionnel autour de la possible obtention à court terme d’une certification. Le souhait est que ces VAE se déroulent en concertation avec les certificateurs afin qu’ils anticipent l’organisation des jurys.

3 - La VAE inversée : la VAE est considérée comme un parcours linéaire qu’on emprunte dans une seule direction : de l’expérience au diplôme.

Et si on inversait cette logique en admettant que le travail puisse lui aussi être une voie d’accès à la certification ?

Ce principe s’applique en premier lieu aux " décrochés " scolaires. Cessons de leur dire que quitter l’école est un échec et un fardeau qu’ils porteront toute leur vie. Proposons leur d’intégrer un emploi dont l’un des objectifs est de générer une expérience diplômable. Une VAE par anticipation. Reste à fédérer des entreprises capables de jouer le jeu en déployant une véritable politique de FEST, et d’encadrer ces jeunes pour que la VAE fasse dès le début partie de leur apprentissage professionnel : un parcours d’apports formatifs ponctuels, d’analyses d’expériences et d’accompagnement socio-culturel… Cocktail gagnant. Atteindre la compétence et le diplôme par le travail, en se dédouanant de la menace de l’échec scolaire. Utopique direz-vous ? Cela est déjà en cours d’expérimentation…La VAE inversée : la VAE est considérée comme un parcours linéaire qu’on emprunte dans une seule direction : de l’expérience au diplôme. Et si on inversait cette logique en admettant que le travail puisse lui aussi être une voie d’accès à la certification ?

Nous pourrions aller plus loin encore. La VAE regorge de ressources inexploitées. Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, que cette méthode d’analyse et de réflexivité entre dans les pratiques scolaires ? L’enrichissement commence dans la conscience de la portée de chaque geste de la vie. Bien sûr, il faudra encore bien des efforts pour faire converger et mutualiser les pratiques, fédérer les esprits et faire s’unir les différents acteurs de la VAE…

Qu’attendons-nous ?

 

David Rivoire

David Rivoire a créé VAE Les 2 Rives en 2002, société spécialisée en accompagnement VAE et mise en œuvre de solutions diplômantes. Depuis 15 ans, avec son équipe, il a accompagné plus de 7000 personnes dans un process de VAE. Il crée aussi des programmes expérimentaux d’adaptation des compétences et d’accès à l’emploi pour les métiers menacés par des évolutions technologiques ou organisationnelles, en s’appuyant sur la valorisation de l’expérience individuelle et en alliant validation et formation.

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Mots-clés: FORMATiON, REFORME, COMPETENCES, PEDAGOGIE

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