Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Améliorer la QVT par la bienveillance augmente la performance

Améliorer la QVT par la bienveillance augmente la performance

Par Jean-Ange LALLICAN, conférencier, auteur de «l’art de déléguer et manager par la confiance» Dunod

Les entreprises sont-elles plus profitables si leurs salariés sont heureux ?

Un certain nombre d’articles issus de recherches scientifiques nous confirment que les entreprises dans lesquelles les salariés sont heureux, sont plus profitables tant au plan organisationnel (taux de turnover moins élevés, rentabilité et profitabilité ; Boxall, Guthrie, Paauwe, 2016) qu’au plan macroéconomique (Welsh et Kuhling, 2016)…

Alors pourquoi sommes-nous nous si fébriles dans notre réflexion structurelle sur le management des relations humaines ?  D’autant qu’il est accepté désormais que l’on puisse plus aisément appréhender la question du bien-être ou du bonheur professionnel  dans l’entreprise. Que de temps perdus à la tergiversation. Selon certains médias, on regarde ceci très souvent par le seul prisme de la convivialité (aménagement de l’environnement de travail, sport, yoga, ateliers de sophrologie…).Il serait bien également de l’envisager aussi par une analyse de l’activité, du sens du travail, des postures, des attitudes, des comportements. J’aurais l’occasion, avec Caroline Ruiler qui collabore avec moi à un nouvel ouvrage sur le sujet de la bienveillance au travail, de vous en détailler certains éléments, lors de sa sortie en  fin 2019. 

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La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

Professeur Bernard PIERRE, Cardiologue Faculté de médecine Lyon-Sud / Charles Mérieux

En France, la mortalité de cause cardiovasculaire (CV) a été réduite de façon spectaculaire lors des dernières décennies (de l’ordre de 50 %). De ce fait, depuis 2004, chez l’homme (mais non pas encore chez la femme), la mortalité par maladies cardiovasculaires est passée au second rang derrière celle liée aux maladies cancéreuses. Les études nous montrent que cette baisse de mortalité CV est bien sûr le fait d’une prise en charge de plus en plus performante des maladies CV une fois constituées mais, plus encore, d’une meilleure prévention de celles-ci.

Cependant, il reste beaucoup à faire ! En effet si l’espérance de vie moyenne en France à la naissance est parmi les plus hautes du monde (79,5 ans pour l’homme, 85,3 pour la femme), l’espérance de vie en bonne santé (63 ans pour l’homme, 65 pour la femme) est notoirement moins bonne que dans de nombreux pays européens (chiffres  2018). Les experts considèrent que cela est le fait d’une médecine française essentiellement curative et trop peu axée sur la prévention.

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Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Mary Vigier est enseignante-chercheuse en Management, ESC Clermont ; responsable de la filière International Business du programme Bachelor ; secrétaire général de l’association scientifique Groupe d’études en Management et Langage ; membre de l’Academy o

La qualité de vie au travail est aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises qui cherchent à allier performance et bien être dans l’entreprise en améliorant très concrètement les façons de travailler.

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Changer le regard

Changer le regard

Par Gaëlle MONTEILLER (Tod), Présidente et cofondatrice

Comment un autre regard sur les hommes et les femmes de l’entreprise peut-il contribuer a ameliorer la sante et le bien-etre des salaries ?

Aujourd’hui, il y a urgence à s’occuper de la santé psychique et du bien-être des collaborateurs. Le stress professionnel est devenu le premier risque pour la santé des travailleurs. Les souffrances pathologiques liées au travail ont augmenté en France au cours de la précédente décennie, conduisant aujourd’hui au chiffre affolant de 22 % des actifs présentant « une détresse orientant vers un trouble mental « (Fondation Pierre Deniker 2018). 

Sans aller jusqu’à la souffrance pathologique, toutes les études montrent aujourd’hui un désenchantement majeur des salariés pour leur travail (ennui, désenchantement, …) qui entraîne un « gâchis de talents », alors que les entreprises peinent à recruter ou à garder leurs meilleurs éléments. 

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La qualité de vie au travail : pourquoi le collectif de travail est incontournable ?

Karen Demaison, Consultante RH & facilitatrice, spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, Karen cumule 10 ans d’expérience dans la formation et le conseil en organisation avant de se tourner vers la fonction RH en 2006, Responsable RH chez Altran, à la Mutuelle Générale de la Police et chez Enercoop. Lors de sa dernière expérience de Responsable

Dans une majorité d’entreprises, la qualité de vie au travail est vue sous l’angle de services au salarié (conciergerie, espace de détente et de sieste, ateliers sportifs pendant la pause méridienne, massages, petits déjeuners bio, etc…). Certes, ces services sont appréciables mais font partie des dispositifs périphériques du travail et n’adressent pas les vrais enjeux de la qualité de vie au travail.

Et, si la qualité de vie au travail dépendait de la création et de l’animation de collectifs en lien avec des valeurs humaines fortes, vraiment mises en place et non affichées ?

Expérimenter de nouvelles manières de coopérer

En France, la coopération dans un collectif n’est pas innée. Cela commence dès la petite enfance : l’enfant devient un élève, doit apprendre seul et est évalué par rapport aux autres élèves ! Faire ensemble n’est pas enseigné. Comment pouvons-nous ensuite au sein de nos organisations pouvoir prendre des décisions ensemble et coopérer au service de la raison d’être d’une organisation ?

Comment construire les règles du jeu collectif pour concilier efficience et convivialité ? Autonomie et cohérence d’ensemble ? Implication et remise en question ?

La coopération se cultive et surtout s’expérimente ! Elle ne se décrète pas. 

L’espace de la réunion peut être un espace intéressant pour tester de nouvelles postures, de nouvelles manières de vivre une réunion, de faciliter l’intelligence collective et prendre des décisions ensemble sans frustration.

Qu’est ce qui se joue dans une réunion ? Les egos sont souvent bien présents et ne permettent pas de prendre des décisions au service de l’organisation.

En tant que Responsable RH, cela fait 5 ans que j’expérimente les postures et outils de la sociocratie. Grâce à l’Université du Nous (laboratoire d’exploration du « Etre et du faire ensemble »)1, j’ai pu découvrir un nouvel univers qui m’a permis de changer de regard sur l’organisation du travail. Car c’est bien l’organisation du travail qui est au cœur de la qualité de vie au travail.

La sociocratie : une nouvelle forme de gouvernance pour nos organisations ?

Le mot sociocratie a été inventé par Auguste Comte. Ses racines viennent du latin societas (société) et du grec krátos (autorité) : la gouvernance du socios, c’est-à-dire des personnes liées par des relations significatives, différent du dêmos (démocratie), masse d’individus ne partageant que quelques valeurs communes. Son fondement moderne est issu des théories systémiques et date de 19702. 

Pour  mémoire, la sociocratie est un mode de gouvernance partagée qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille de fonctionner efficacement selon un mode auto-organisé caractérisé par des prises de décision distribuées sur l’ensemble de la structure. La sociocratie s’appuie sur la liberté et la co-responsabilisation des acteurs. Dans une logique d’auto-organisation faisant confiance à l’humain, elle va mettre le pouvoir de l’intelligence collective au service de la raison d’être de l’organisation. Cette approche permet ainsi d’atteindre ensemble un objectif partagé, dans le respect des personnes, en préservant la diversité des points de vue et des apports de chacun, ceci en prenant appui sur des relations interpersonnelles de qualité.

Si nous revenons à la qualité de vie au travail, la qualité des relations interpersonnelles est clé et est au cœur de cette problématique pour améliorer de manière significative la qualité de vie au travail.

Des rituels d’équipe au sein de la sociocratie

En qualité de consultante RH & intelligence collective, j’ai pu accompagner la Direction des Systèmes d’Informations de la SNCF Réseau pour la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs de bien-être au travail. En structurant ce projet, j’ai pu apporter d’autres postures, d’autres méthodologies pour vraiment vivre ce qu’est la qualité de vie au travail.

Nous avons pu expérimenter le tour de météo, la gestion par consentement, les chapeaux de Bono et l’élection sans candidat.

En début de réunion, en sollicitant la météo interne de chaque participant, cela permet au groupe de travail de connaitre dans quel état émotionnel se trouve chacun. Ce qui permet d’éviter certaines projections sur tel ou tel participant. Et, une plus grande confiance se tisse au fil du temps entre les participants.

D’autres outils issus de la sociocratie sont aussi très pertinents à mettre en place comme la gestion par consentement qui permet de consentir à une décision avec zéro objection en donnant la parole à chacun. Ce qui permet un gain de temps formidable pour déployer la décision. L’accompagnement au changement n’est donc plus un sujet et les résistances au déploiement de la décision sont négligeables.

Ce qui est incontournable pour transformer les postures de chacun, c’est le questionnement sans jugement pour pouvoir remettre en cause certaines habitudes qui mènent souvent à la défiance et donc à un certain mal être au travail.

C’est également le fait d’éveiller à l’intelligence émotionnelle : une plus grande écoute des besoins de chacun permet d’arriver à une vraie qualité de vie au travail, sans gadgetisation de ce sujet.

Au travers de ces pratiques, c’est toute l’organisation grâce à la fonction RH qui distille de la confiance et de l’authenticité, socle indispensable pour une organisation saine.

Les avantages du faire ensemble…et ses limites

Ces pratiques augmentent l’efficacité des réunions tout en diminuant leur nombre. Elles favorisent aussi la qualité de présence des personnes au sein des différents espaces de travail et jouent un rôle non négligeable dans la prévention des RPS (Risques Psychosociaux).

J’attire l’attention que le faire ensemble prend du temps et n’est pas une solution miracle. Il est donc important d’accompagner la transformation collective en accompagnant le changement de posture des individus de l’organisation. Apprendre à lâcher prise pour servir la raison d’être d’un projet, d’une organisation, est un travail de longue haleine. Comment savoir si j’exprime une préférence ou bien une objection qui bonifiera une proposition d’un membre du collectif de travail ? Comment améliorer sa qualité de présence au quotidien ?

Il est ainsi possible de faire bouger les lignes concernant le sujet de la qualité de vie au travail au travers de la facilitation des relations humaines, du fonctionnement en intelligence collective et de l’incarnation de valeurs humanistes. 

  

 

 

        

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