Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Le présentéisme au travail : ce « nouveau » phénomène…

Le présentéisme au travail : ce « nouveau » phénomène…

Sébastien Richard est maître de conférences en Economie à l’Université de Lille où il a dirigé pendant 10 ans le Master Management des Ressources Humaines. Ses travaux de recherche appliquée portent sur l’absentéisme, le présentéisme, et plus généralement sur l’efficacité du capital humain. Il est également directeur scientifique d’Havasu, start-up spécialisée dans l’analytique RH. 

Que le lecteur nous pardonne, cet article débute par l’évocation d’une histoire. Celle de Mr-Shm.t, ouvrier du bâtiment en Egypte. En ce mois de Mars, période de forte prévalence de nombreuses affections pulmonaires et gastro-intestinales, Mr-Shm.t est malade. Depuis deux jours, il n’est pas allé travaillé. C’est assez habituel dans le métier ; le gouvernement, qui est son employeur, contrôle donc assez précisément les motifs des absences mais maintient le salaire de ses ouvriers lorsqu’ils sont malades. Il leur offre également la possibilité d’aller consulter gracieusement un médecin.

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La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

Par Hubert LANDIER

L’irruption de la problématique relative à l’amélioration des conditions de travail peut être située en 1972, avec la grève des ouvriers de l’usine Renault du Mans. Et c’est l’année suivante qu’est créée l’ANACT. Du côté patronal, l’UIMM imagine les « équipes d’amélioration des conditions de travail ». Et c’est en 1982 que, sur une base paritaire, sera créé le CHSCT.

Cette problématique correspond, venant des syndicats, et plus particulièrement de la CFDT, à la conviction qu’aux revendications « quantitatives » (salaires, durée du travail) doivent s’ajouter, sinon se substituer, des revendications « qualitatives ». Autrement dit, le progrès social ne consiste pas seulement à obtenir une augmentation des salaires et une baisse de la durée du travail. Par exemple, il ne s’agit pas, ou il ne s’agit pas seulement, d’obtenir des « primes de poste » en faveur des travailleurs postés (3X8) mais de faire reculer le travail posté et, si ceci n’est pas possible, de l’aménager de façon à le rendre physiologiquement plus supportable compte tenu des rythmes circadiens qu’étudient les chronobiologistes.

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Comment les milléniaux façonnent- ils le futur du travail?

Comment les milléniaux façonnent- ils le futur du travail?

Si elle pousse les entreprises à faire preuve de plus d’innovation à propos du futur du travail, la génération Y apporte aussi de nouvelles idées qui vont changer l’espace de travail. On parle beaucoup d’eux, ils jouent un rôle majeur dans l’évolution des attentes, des expériences et des pratiques de l’espace de travail !

Mais qui sont-ils vraiment ? Et que veulent-ils ?

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Où est passée la QVT ?

Où est passée la QVT ?

Par Aude AMARUTTU,
Head of People
& Culture Development (DRH) chez Itelios

La QVT est partout !

Je suis littéralement obsédée par la QVT. Je pense QVT, je parle QVT, je réfléchis QVT, je dors même QVT. La QVT est au centre de mon action professionnelle depuis des années, si bien que pour moi il s’agit d’une préoccupation et d’une démarche naturelle. Chaque décision que je prends en tant que DRH, chaque orientation que je décide ou à laquelle je participe, chaque process que je mets en place prend en compte cette fameuse Qualité de Vie au Travail.

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La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

Professeur Bernard PIERRE, Cardiologue Faculté de médecine Lyon-Sud / Charles Mérieux

En France, la mortalité de cause cardiovasculaire (CV) a été réduite de façon spectaculaire lors des dernières décennies (de l’ordre de 50 %). De ce fait, depuis 2004, chez l’homme (mais non pas encore chez la femme), la mortalité par maladies cardiovasculaires est passée au second rang derrière celle liée aux maladies cancéreuses. Les études nous montrent que cette baisse de mortalité CV est bien sûr le fait d’une prise en charge de plus en plus performante des maladies CV une fois constituées mais, plus encore, d’une meilleure prévention de celles-ci.

Cependant, il reste beaucoup à faire ! En effet si l’espérance de vie moyenne en France à la naissance est parmi les plus hautes du monde (79,5 ans pour l’homme, 85,3 pour la femme), l’espérance de vie en bonne santé (63 ans pour l’homme, 65 pour la femme) est notoirement moins bonne que dans de nombreux pays européens (chiffres  2018). Les experts considèrent que cela est le fait d’une médecine française essentiellement curative et trop peu axée sur la prévention.

En outre, il faut souligner que les deux principales causes de mortalité et d’altération de la qualité de vie (maladies CV et cancéreuses) répondent peu ou prou aux mêmes stratégies préventives. Aussi s’agit-il d’un sujet majeur de Santé Publique. Chacun peut et doit se sentir concerné. Au plan collectif, toutes les institutions, mais aussi les entreprises peuvent utilement apporter « leur pierre à l’édifice ».

Les cardiologues distinguent volontiers la prévention primaire (avant tout évènement CV) de la prévention secondaire (après infarctus du myocarde, AVC…).

Chez les salariés, particulièrement les plus jeunes (l’âge est le plus important des facteurs de risque CV), la prévention passe avant tout par une meilleure connaissance et observance de trois grands conseils hygiéno-diététiques. Les médecins du travail et de prévention (8 000 en France), leurs équipes, en lien avec les responsables de l’entreprise ont un rôle essentiel à jouer dans :

1/ L’arrêt du tabac concernant près d’un quart des salariés. Le tabagisme est la première cause de décès prématuré et la première cause de décès CV évitables. L’arrêt du tabac permet en outre une amélioration de la qualité de vie au travail (amélioration de la confiance en soi, suspension des multiples pauses cigarettes, diminution des arrêts de travail…). Il conviendra de veiller au respect de la législation quant aux lieux d’interdiction de fumer (décret du 15.11.2006). Le service santé au travail pourra utilement proposer par tous moyens une sensibilisation à l’intérêt du sevrage (en insistant sur les bénéfices attendus), une aide et un suivi.

2/ Une meilleure alimentation

Rien n’est à exclure (les « régimes » d’exclusion sont nocifs). Il convient de corriger les grandes distorsions diététiques (excès quotidien de charcuterie, de fromages, de boissons sucrées…), manger de tout (ni trop, ni trop peu selon la corpulence), le plus varié et équilibré possible, en trois repas. La diététique méditerranéenne ayant fait ses preuves pour réduire le risque CV s’inscrit dans cette logique. Elle doit être riche en légumes, fruits, légumineuses, noix, noisettes, baies. Aussi, l’implication de l’équipe santé au travail dans l’élaboration des menus proposés au restaurant d’entreprise est-elle utile, l’installation de distributeurs de boissons ou aliments sucrés assurément inutile.

3/ La réduction de la sédentarité et l’incitation à l’activité physique

La sédentarité se définit par une immobilité d’au moins sept heures par jour par périodes de plusieurs heures. Elle pourrait être responsable de 4 % des décès planétaires et concerne la grande majorité des salariés. Il n’est pas certain qu’une excellente activité physique ou sportive compense entièrement les méfaits de la sédentarité. Les recommandations de l’OMS, de la Société Européenne de Cardiologie méritent d’être rappelées : au moins 150 minutes par semaine (30 minutes quotidiennes cinq jours sur sept) d’activité physique modérée ou au moins 75 minutes d’activité physique intense. Le plus étant le mieux. Nombre d’entreprises se sont déjà engagées pour encourager le « gigotage » (éloignement des poubelles, des imprimantes, walking ou biking desks), l’activité physique ou sportive (salles de sport, compétitions intra ou inter entreprises).

D’autres puissants et fréquents facteurs de risque CV méritent d’être dépistés et suivis par l’équipe santé au travail :

1/ L’hypertension artérielle concernant près de 30 % des salariés, souvent méconnue car asymptomatique, imparfaitement traitée (un sujet traité sur deux est à l’objectif). La prise tensionnelle doit donc être systématique en santé au travail, au mieux appuyée sur des séries d’automesures effectuées selon la règle des 3 (3 mesures successives matin et soir, les 3 jours précédents toute consultation) avec pour objectif une moyenne inférieure à 135/85.

2/ Les troubles métaboliques (diabète et hypercholestérolémie) concernent plusieurs millions de salariés. Ils justifient souvent un traitement médicamenteux, appellent un suivi afin d’optimiser l’observance dans laquelle le service santé au travail a toute sa place même si le médecin du travail ou de prévention n’est pas prescripteur.

3/ Le stress psychosocial dont le stress professionnel est le troisième facteur de risque de l’infarctus du myocarde. Son analyse est certes complexe, multifactorielle mais certaines « techniques de management » peuvent être assurément délétères. La psychologie positive a fait ses preuves. Un salarié moins stressé, heureux au travail, sera plus efficient et aura un risque CV moindre.

En matière de prévention secondaire, les objectifs sont plus ambitieux (par exemple taux de LDL, communément appelé « mauvais cholestérol » inférieur à 0.7 g/L), le suivi médical plus étroit. Un traitement médicamenteux est toujours nécessaire.

Il est essentiel de souligner que les stratégies de prévention ne doivent pas être punitives, moralisantes, culpabilisantes. Le « Y a qu’à, faut que » ex cathedra ne marche pas. La démarche des accompagnants, soignants doit être positive en mettant au premier plan les bénéfices escomptés en termes de qualité et d’espérance de vie.

Aussi, la Fédération Française de Cardiologie comme l’association « Cœur et travail » se sont elles engagées depuis plusieurs années dans l’organisation de journées de sensibilisation des salariés au risque CV, au cœur des entreprises (conférences, ateliers divers, à la carte, par des intervenants spécialisés). Le rapport de Charlotte LECOCQ sur la santé au travail, au Premier Ministre, en 2018, est un encouragement précieux à cette démarche. Un ouvrage collégial sous la direction de Bernard PIERRE, intitulé « Le cœur au travail en questions » sera publié en septembre 2019 aux éditions Frison-Roche et sera le « bréviaire » pour toutes celles et ceux s’intéressant à la santé au travail. 

  

 

 

        

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