Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Numérique et Conditions de travail

Numérique et Conditions de travail

Daniel RATIER, Véritable expert des questions du numérique, actuellement chargé de mission interministériel à l’identité numérique, Daniel Ratier a coordonné avec Tristan Klein le rapport « Impact des technologies de l’information et de la communication sur les conditions de travail » (Direction Générale du Travail, Conseil d’Analyse Stratégique, 2012). Plusieurs années aprés la sortie du rapport, il nous est apparu intéressant de faire le point.

Comment évolue l’impact du numérique sur les conditions de travail ? La question reste plus que jamais posée puisque la progression des outils numériques reste constante dans le monde du travail où la part des professionnels utilisateurs ne cessent de croitre. 

En 2013, 71 % des salariés utilisaient des outils numériques  alors qu’ils n’étaient que 51 % en 1998. Cette progression régulière touche toutes les catégories de salariés qui voient leur activité quotidienne le plus souvent profondément impactée par l’usage du numérique, qui est non seulement toujours plus diffusé mais également plus intense. C’est le cas en France comme dans le reste des pays européens. En 2010, environ 26% des travailleurs européens ont signalé une utilisation intensive des TIC au travail ; en 2015, ce chiffre était passé à 37%. En revanche, sur la même période, la proportion de personnes signalant une faible utilisation des TIC, voire aucune, est passée de 56% à 43% .

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Well-being & work, le cas de Solvay

Well-being & work, le cas de Solvay

Entretien1 avec Bruce Fecheyr-Lippens, SVP, Global Head Agile Working, Digital HR, People Analytics, and HR Director Excellence Center, Solvay

MB : Pouvez-vous présenter Solvay et votre périmètre d’activité ?

BF : Solvay est une entreprise Franco-Belge de 27 000 collaborateurs, présente dans le monde entier, avec un tiers de nos revenus sur chaque continent (Etats-Unis, Europe, Asie). Nous sommes dans le secteur de la Chimie spécialisée où les marges sont élevées mais où nous devons innover très rapidement pour proposer des produits toujours plus légers, durables et de meilleure qualité.  Par exemple, un de nos plus grands Business est spécialisé dans les matériaux composites utilisés par l’industrie automobile et aéronautique pour rendre les voitures et les avions plus légers. 

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Dialogue, confiance : les nouveaux maîtres-mots de la qualité de vie au travail

Dialogue, confiance : les nouveaux maîtres-mots de la qualité de vie au travail

Par Nicolas TREUVEY (chef de projet, Anvie1)

Alors, quoi de neuf sous le ciel de la qualité de vie au travail ? Grace aux travaux de la septième saison du Club « Qualité de vie au travail »2, 3 de l’Anvie nous pouvons tirer 3 enseignements majeurs : 

La qualité de vie au travail se gagne dans le travail, et non dans ses à-côtés

C’est le principal enseignement issu de ce Club : notion protéiforme, la qualité de vie au travail peut être améliorée en actionnant différents leviers. Certains traitent les à-côtés du travail (conciergerie…), d’autres les conditions de travail (aménagement du temps de travail, équilibre vie pro-vie perso…), d’autres encore les conditions d’emploi (transformation des modes de management, de l’organisation, de la culture de l’entreprise). Force est de constater que les entreprises tentent d’améliorer la qualité de vie au travail de leurs collaborateurs en agissant essentiellement sur les à-côtés du travail. Rien d’étonnant à cela, dans la mesure où ce sont des mesures peu coûteuses, relativement consensuelles, simples à mettre en œuvre et qui permettent d’aboutir rapidement à des résultats, de montrer que l’entreprise a la volonté d’agir. 

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Mécenat de compétences et QVT

Mécenat de compétences et QVT

Jean-Michel Pasquier Après avoir créé Humaneo, une entreprise de conseil en ressources humaines, Jean-Michel Pasquier a souhaité concilier ses engagements associatifs personnels avec sa carrière professionnelle en créant Koeo.

A l’heure où les entreprises investissent de plus en plus le terrain du bien-être de leurs collaborateurs au travers d’espaces de travail et de vie plus conviviaux et chaleureux, de services liés à leur épanouissement physique au travers du sport ou de la relaxation, ou d’accompagnements dédiés à leur vie quotidienne de type conciergerie ou crèches d’enfants, il reste un domaine où elles commencent à découvrir peu à peu la richesse de bienfaits jusqu’à présent inexplorés : la quête de sens des salariés.

Souvent limité en terme de perception par le management RH ou RSE à un dispositif essentiellement inscrit dans la stratégie de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, le mécénat de compétences, qui permet de façon volontaire le don d’expertises professionnelles ou personnelles de collaborateurs, pendant leur temps de travail, à des acteurs de proximité de l’intérêt général (associations ou collectivités locales), représente pourtant une formidable dynamique à plusieurs facettes pour enrichir la QVT des organisations. 

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Gérer la mobilité de l'entreprise

Bruno Adeline Bruno Adeline crée JobiLX fin 2015 avec deux associés aux compétences techniques et marketing pour développer la plateforme de réduction des trajets domicile-travail par l’échange d’emplois. Ingénieur ESME,il a eu un parcours d’ingénieur d’Etudes dans l’ingénierie (SPIE / SGN) puis dans l’informatique (3M,Oracle). Depuis 20 ans il s’est consacré à sa sociéte dédiée au conseil en recrutement technique .

Les entreprises intègrent de  plus en plus  l’expérience  « globale »  du collaborateur  dans son  parcours de vie professionnelle et privée, pour privilégier des solutions de mobilité, de confort, de motivation, de formation de plus en plus individualisées.  La digitalisation des données offre l’opportunité de pouvoir le faire plus simplement et sans doute de manière plus « holistique » ; 

Mobilité professionnelle et mobilité géographique se confondent, l’une potentiellement au service de l’autre et réciproquement, le tout pour l’épanouissement du collaborateur et sa fidélisation à l’entreprise.

L’éloignement croissant de l’habitat à l’extérieur des grands centres urbains, et l’allongement des trajets domicile-travail constituent des composantes parmi  les plus structurantes de cet équilibre vie professionnelle /vie privée recherché par un nombre important de salariés. 43% des actifs Français estiment que leurs trajets professionnels impactent leur qualité de vie au travail1.

L’impact de ces trajets est non seulement social, mais également environnemental. Preuve en est, l’obligation règlementaire, pour les entreprises dont les sites accueillent au moins 100 salariés, de prendre des mesures (dont la facilitation des trajets domicile-travail) dans le cadre d’un Plan de Mobilité, et ce depuis janvier 2018.

Ainsi le  sujet « réduction du trajet domicile-travail des salariés » touche tout autant  les individus (1 Actif sur 3 se plaint de stress à cause de son trajet), que  les entreprises (100 000  accidents de trajets par an sont recensés  avec 77 jours en moyenne d’arrêt maladie pour un coût global de 2,3 milliards d’€2 ; sans oublier l’empreinte carbone, à hauteur de 12 millions de CO2. 

De nombreuses études nous permettent aujourd’hui d’en mesurer l’étendue. et de constater qu’il peut être un motif de départ de l’entreprise. Selon la dernière étude BVA Opinion/sales forces Sept 2018, 73% des salariés attendent une amélioration des conditions de trajet de la part des employeurs3.

Les solutions de mobilité alternatives de transport, sont expérimentées depuis quelques années (co-voiturage, auto partage, navettes, vélo, co-piétonnage). Elles  ont leur utilité  dans certains cas, certes, mais ne suffisent pas à couvrir tous les besoins, et surtout ne réduisent pas le trajet à la source. Les solutions d’organisation et d’aménagement des temps et des lieux de travail émergent : la flexibilité des horaires, le déploiement du télétravail, les tiers lieux, la facilitation dans certains cas du déménagement de l’employé. Mais là encore, ces dispositifs ne concernent pas tous les emplois et les métiers  qui ont obligation d’être présents sur le lieu de travail.

Les métiers de vente, de service, de contacts clientèle, de santé sont largement concernés et exclus du champ du télétravail par exemple.  

En somme, face à cette complexité, les entreprises associent encore avec difficulté les solutions d’amélioration des conditions de  transport avec les nouveaux modes d’organisation du travail.

Il y a place pour l’innovation, pour de nouveaux  dispositifs  grâce à des outils numériques pour mettre en place une gestion modernisée de la mobilité interne des emplois qui optimise, les trajets domicile-travail, le confort et l’évolution professionnelle, et la fidélisation à l’entreprise.

Ainsi, pour les entreprises multi-établissements, la proposition d’un rapprochement du lieu de travail du domicile apparaît comme une solution adaptée à de nombreux emplois, nécessitant une présence obligatoire sur le lieu de travail.

C’est par la détection du potentiel d’échanges d’emploi à poste équivalent au sein de la même entreprise (permutation entre deux collaborateurs), que se multiplient ainsi les  possibilités de rapprocher un grand nombre de salariés de leur site de travail, sans attendre une ouverture ou un remplacement de poste. De ce point de vue là, l’échange de lieu emploi  à poste équivalent se présente  comme un dispositif généralisable  à un très grand nombre de salariés.

Seul un outil numérique peut permettre de matcher un grand nombre de collaborateurs, d’emplois et de lieux d’emploi, d’avoir une vision à la fois exhaustive de la situation des trajets des collaborateurs et une base de propositions individuelles de mutation géographique. 

La prise en compte par la RH et l’anticipation de situations de trajets potentiellement critiques pour un collaborateur, témoigne de l’intérêt que son employeur lui porte et de la valeur qu’il lui accorde. Reste que le salarié doit être « volontaire » par l’expression d’un malaise ressenti de  son trajet. C’est là que la fonction RH prend toute sa dimension « humaine » par l’accompagnement des collaborateurs. 

En cela,  l’enquête menée par JobiLX en mai 2018 nous indique que 44 % des actifs accepteraient de la part de leurs employeurs, une proposition d’échange de lieu d’emploi pour se rapprocher de leur domicile4. Cela ouvre de belles perspectives.

Références
  1. Source étude IFOP pour Alphabet /1000 individus représentatifs de la population
  2. 100 000 accidents de trajets  et 7 700 000  jour d’arrêts de travail (source Livre blanc de l’Assurance Maladie : Prévenir le risque routier / 12 propositions  (2012) et 12 tonnes C02 dispersées par an ( source ADEME)
  3. Source : Etude BVA SEPTEMBRE 2018
  4. Source etude Survey Monkey /JobiLX mai 2018

JobiLX est le premier logiciel RH /RSE qui  permet  aux entreprises multi-sites de proposer à leurs employés de réduire les trajets domicile-travail et de rapprocher leur lieu de travail de leur domicile. L’application calcule et optimise les trajets, propose  un échange de lieu d’emploi entre deux collaborateurs qui occupent le même poste et ainsi peuvent se rapprocher de chez eux. Fini le stress et la fatigue des longs trajets, les accidents de trajets ! Les groupes Carrefour, Franprix et La Poste sont clients utilisateurs de l’application.

  

 

 

        

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