Pour aller plus loin avec la prospective ...

La RSE n’est pas un accessoire de mode  !

La RSE n’est pas un accessoire de mode  !

Interview d’Alain Masson, Directeur Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Sodexo France

Comment est organisée la fonction RSE chez Sodexo ?

La RSE est un sujet transversal et très important chez Sodexo. C’est pourquoi, elle est rattachée directement à un membre du Comité Exécutif qui pilote la « Direction des Projets Stratégiques et RSE ». Ensuite, en tant que Directeur de la RSE en France, j’ai une équipe de quatre personnes qui travaille avec moi et qui porte les sujets auprès des équipes. Puis nous nous appuyons sur des ambassadeurs dans les différentes entités du groupe. 

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RSE, bien commun et projet d’entreprise

RSE, bien commun et projet d’entreprise

Patrick Storhaye, Président de Flexity, Professeur Associé au CNAM Paris, fondateur de RH info

En 2014, plusieurs acteurs de l’industrie pharmaceutique Nord-Américaine avaient été pointés du doigt, notamment par Hillary Clinton, pour avoir augmenté brutalement le prix de certains médicaments vitaux, et ce dans des proportions ahurissantes. Martin Shkreli, alors CEO de Turing Pharmaceuticals qui avait augmenté un de ses produits de 5 000%, était au centre de la polémique1 et fut alors désigné2 comme l’homme « le plus détesté » des Etats-Unis.  Dans un entretien sur CNBC3, le CEO de Valeant vantait de son côté les mérites de sa stratégie de croissance par acquisitions, financée par une dette aussi galopante qu’importante, comme la meilleure option pour ses actionnaires. Plusieurs articles4 fustigeaient alors sa propension à servir le seul intérêt de ses actionnaires au détriment de celui des patient·es. Elu CEO de l’année5 en 2015, il fut limogé6 en 2016, sa stratégie explosant en vol, puis arrêté7 ensuite pour soupçons de fraude. Warren Buffet8 le donna alors en exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour présider aux destinées d’une entreprise.

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Recruter des militaires blessés : au-delà de la Responsabilité Sociale d’Entreprise, une démarche porteuse de sens

Recruter des militaires blessés : au-delà de la Responsabilité Sociale d’Entreprise, une démarche porteuse de sens

Par Dominique LEVY, Présidente du Groupe de Travail « Reconversion des Militaires Blessés » du Comité de Liaison Défense du MEDEF

Qu’elle survienne à l’entraînement, au combat, en opération extérieure ou dans le cadre du plan Vigipirate, la blessure chez le militaire est bien souvent une remise en question de l’avenir dans lequel il s’était projeté. Lorsque le parcours de soins médicaux s’achève par le couperet de l’inaptitude à exercer une profession combattante, un nouveau départ professionnel s’impose.

Les armées, soucieuses de ne laisser aucun des leurs au bord du chemin, ont mis en place un certain nombre de dispositifs pour aider les militaires blessés dans leur démarche de reconversion.

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Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Par Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

L’adoption de la loi Pacte permettait, en mai 2019, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable et venait donner un cadre à une tendance de fond impulsée par quelques dirigeants pionniers. Plus globalement, cette loi permettait d’insuffler une prise de conscience collective et concédait justement à l’entreprise un rôle nouveau, un rôle central même, dans la prise en charge des urgences sociales et sociétales les plus vives. Les grands défis auxquels notre génération est confrontée, en premier lieu celui du réchauffement climatique, ne pourront clairement pas être relevés sans des engagements forts pris par des entreprises et leurs parties prenantes. Les visions désuètes et les vieux débats  qui consistaient à exclure de fait l’entreprise de toute prise en charge de l’intérêt général ou de ces enjeux d’utilité sociale semblent donc définitivement clos. Oui, l’entreprise est devenue un acteur essentiel de l’intérêt général, et l’intérêt général une préoccupation permanente de l’entreprise.

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Fête de l’HumAin

Par Philippe Canonne 
« Ne dites pas à ma mère que je suis DRH elle me croit Marcheur pour le Climat »

  • « Franchement on perd son temps avec ces agences de notation sociale. C’est un travail dingue qui ne sert à rien »
  • « Ne dis pas ça c’est très important. Notre Groupe doit obtenir une bonne note sociale. Les analystes y sont très attentifs »
  • « Ça sert surtout à la reconversion d’anciens syndicalistes. Si ça avait la moindre influence sur le cours de l’action, ça se saurait. Les titres bien notés socialement n’ont pas mieux résisté à la crise que les autres »

Cette conversation détendue se tenait au stand de chaussettes que le DRH de cette importante Filiale de Distribution de ce Grand Groupe côté tenait à la Vente Solidaire organisée ce beau samedi de Juin. Le Grand DRH de l’Ethique, la Solidarité et la RSE du Groupe s’était déplacé avec son épouse. Les actions caritatives n’étaient pas dans son périmètre, une association ad hoc avait été créée dont le Délégué Général - un ancien de l’Humanitaire - reportait au Président, mais sa présence sur la photo attesterait son soutien à une belle initiative. De toute façon le site de la manifestation était sur le chemin d’Honfleur où il passerait le weekend.

Il faisait beau, la fête était pimpante. Ambiance bon enfant. Les salariés, tous volontaires - un oxymore ? - , animaient des stands. La Filiale avait déstocké des invendus. Le produit de la Vente irait à un projet d’éducation en Afrique. Quelques salariés plus engagés iraient sur place sur leur temps de vacances. Bien entendu tous les collaborateurs de la Drh avaient répondu présents. La recruteuse était au sportswear, la RRH des entrepôts à la lingerie et le juriste social aux maillots de bain. Le C&B tenait la buvette. Beaucoup de monde, il y avait de Bonnes Affaires.

  • « Tu as vu les questionnaires ? Complètement anglo-saxons. Certains sujets sont à l’opposé de nos pratiques. Par exemple la demande sur les quotas de minorités ou la boite pour dénoncer les managers »
  • « Là tu exagères, ce n’est quand même pas Vichy »
  • « Je t’assure, on demande si les collaborateurs dénoncent les agissements choquants de leurs collègues. Je réponds quoi ? »
  • « Mets que l’esprit de Responsabilité est une Valeur de l’entreprise » « ça ne veut rien dire » « Justement »
  • « Et sur l’existence d’une procédure de compliance avec les lois Us, je mets que nous nous attachons aux résultats en gardant le sens des détails ? » Sourires.

Les deux Compères déambulaient entre les stands. Entre deux stands de Merguez, des techniciens du SAV, tous syndiqués, avaient monté un petit spectacle   de Gospel. C’était charmant.

  • « C’est comme le Bilan Carbone, vous allez inventer quoi après ? On compte les papiers dans les corbeilles et les ampoules au plafond »
  • « Oui c’est un peu bureaucratique, mais reconnais que ça a du sens. Et puis c’est l’air du temps. Excellent pour notre Image »
  • « Les camions de livraison, on va les peindre en Vert, ça fera plus écolo »

Remue-ménage. Sœur EmmaLouise, la Sainte des quartiers déshérités venait d’arriver. L’association dont elle était l’Ame dressait des ponts entre les malheureux du monde entier. Le Président lui donnait le bras.

  • « Quel beau symbole. La Foi et les Marchands main dans la main » 
  • « Et elle n’a pas demandé cher pour venir. Son tarif est tout à fait raisonnable »

La religieuse, toute menue sous sa coiffe bleue, était trop âgée pour arpenter les allées. Une tente avait été dressée pour elle. Le Grand Drh s’y rendit pour obtenir sa bénédiction. Le Drh local veilla à la photo. Ils purent entendre la Sainte Femme féliciter le Président et l’encourager à penser aux Pauvres. « Nous nous battons pour l’accès de tous à la Consommation » lui répondit-il.

La ballade continuait, ils étaient maintenant dans les stands de lainage et manteaux. L’hiver avait été doux et la saison n’avait pas trop marché, les stocks à écouler ne manquaient pas. On se pressait devant les palettes de vêtements, c’était l’occasion de se rhabiller pour l’hiver. Les visiteurs étaient généreux pour une bonne Cause. D’autant que le troisième article était offert.

  • « J’y pense tu as avancé sur l’embauche de handicapés. Dans tes entrepôts il y a surement moyen de créer des postes aménagés »
  • « C’est en route sur de la manutention et on peut avoir des subventions importantes. Mais nous bloquons sur le problème des étages. En cas d’incendie on ne peut pas prendre les ascenseurs et on nous interdit de mettre à l’étage des personnes qui ne peuvent pas descendre les escaliers » 
  • « Tu en as parlé à l’Association de Financement ? » « Oui ils disent de descendre l’activité au rez-de-chaussée. Huit étages de stockage ! »
  • « Mets en deux ou trois en bas au standard, ça réduira notre taxe Handicapés qui est trop élevée »

Ils finirent leur promenade au lâcher de ballons. Chaque enfant en recevait un à son arrivée et on en a lâché des centaines en fin de matinée. L’envolée de tous ces ballons a été superbe. Un moment féérique, tous ces ballons de couleur au logo de l’Entreprise. La carte qui y était attachée expliquait à côté de la photo de sœur EmmaLouise les engagements humanitaires du Groupe. Elle comportait aussi une offre promotionnelle.

Il était temps de se séparer, le Grand Drh reprenait la route. « Au fait on n’a pas parlé de ton plan social, c’est pour bientôt ? » « Il est presque prêt, on le boucle pour l’été » « Surtout pas de fuites, sois vigilant » « Compte sur moi, on joue l’effet de surprise »

  • « Tiens tant que tu y es charge sur les gars du SAV, on ne peut pas compter sur ces types ». Puis il prit la route de la Côte Normande avec son épouse.
  • « Vraiment un type bien mon Drh ici. Je suis content de ce qu’il fait. C’est un honnête homme, généreux, solidaire. Il fait un travail superbe contre l’exclusion. Il est rayonnant de dévouement »
  • « Oui il est comme toi, un Humaniste ».

La morale de cette histoire

Bons sentiments

Qu’on se le dise, l’entreprise est écolo. Tout ce qu’il y a d’écolo, verte, green et environnementale. Pas une qui ne se revendique en modèle vertueux de la RSE ou du Développement durable. Pour laquelle elles se sont empressées de mettre en place des directions ad ’hoc. Avec des chefs, grands et petits, des chargés de projets et de sémillantes attachées de presse. Et ne dites pas que c’est du green washing. On lave plus Vert que vert. Et on affiche haut et fort ses ambitions pour sauver la Planète, lutter contre le réchauffement climatique ou protéger la biodiversité - au choix -. On n’hésiterait pas à prendre le train pour aller à Porto Alegre si ce bled n’était pas bêtement sur un autre continent. Et puis c’est cool le développement durable. Vous prenez un produit médiocre, genre machine à laver qui tombe en rade au bout de deux ans (fin du délai de garantie) ou cosmétique qui file des boutons. Vous l’améliorez, il se répare ou n’est plus programmé pour claquer, la crème vous la faites avec des fleurs ou des plantes. Ou bien vous achetez votre café à des paysans indiens, les mêmes qu’avant mais vous les mettez sur la photo. Et crac vous avez un bon bilan carbone. Presse, médias, marketing et c’est bingo. Un bon truc, surtout si vous avez des milliers de magasins : vous changez les ampoules pour des modèles chers et qui ne chauffent pas. Résultat vous diminuez le bilan carbone et la Planète est sauvée. Promotion mondiale à la clé. Cerise sur le gâteau en deux ans l’économie d’énergie vous paye l’investissement, ensuite c’est cadeau. La cantine du siège (à laquelle les Présidents ne mangent jamais) donne aussi de belles opportunités. Fini les fruits exotiques et la cuisine méditerranéenne. Place au low food. A Paris patates et betteraves pour tout le monde, pommes bio flétries à tous les repas. Pour ceux qui voudraient se démarquer il reste quelques bonnes idées insuffisamment exploitées : plus de vacances pour le personnel en été pour lutter contre le tourisme de masse, pas de climatisation dans les bureaux la Planète n’aime pas ça, plus de bœuf à la cantine les vaches pètent et font des trous dans l’ozone. Envisager des toilettes sèches à la Défense ou des éco-cabanes dans les arbres à côté de la Fondation Vuitton . De l’émotion, de la bienveillance et le tour est joué. La RSE est une valeur cotée en Bourse. La tonne de Co2 aussi.

Morale dans la Morale

Quand les patrons pensaient que la RSE c’était un gadget sans importance ce sont les Drh qui en étaient chargés. Depuis que c’est devenu médiatique les Rh ont été priés de laisser la main aux gens sérieux. Il faut dire qu’ils croyaient que le S de RSE c’était pour Social. Pourtant leur contribution aurait pu enrichir le Sociétal. Plutôt que de bilan carbone ou de transition énergétique ils auraient parlé de diversité, d’égalité ou de dialogue. L’égalité Hommes Femmes vaut bien la réduction de la consommation d’énergie et l’égalité des chances dans les recrutements l’impact environnemental d’un voyage en avion. Comme si la Planète devait être sauvée pour elle-même et non pour les hommes qui l’habitent. Tout ce qui est de l’Humain dans l’entreprise devrait concerner les Rh. Dans l’entreprise éclatée en cercles concentriques de parties prenantes éloignées les unes des autres, le Drh chef d’orchestre donnera le Sens. Celui de la responsabilité de l’entreprise envers les hommes et les femmes qui contribuent à son succès. C’est celle-là la vraie responsabilité sociétale. Pas sûr que les Drh qui en sont encore à disserter sur le dialogue social et les élucubrations de la jurisprudence aient tous bien compris que c’est leur avenir qui se joue là.

Morale de la Morale

C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat .

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Mots-clés: CANONNE, RSE, MagRH8

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