Pour aller plus loin avec la prospective ...

Il y a tellement de choses à dire

Il y a tellement de choses à dire

Par Martin Richer, consultant expert en Responsabilité Sociale des Entreprises

Tous d’abord, la très grande diversité des contributeurs à ce dossier (directeurs RSE, DRH, investisseurs, syndicalistes, chercheurs et universitaires, consultants…) met en évidence l’éventail très large de perceptions et d’attentes vis-à-vis de la RSE. Leur point commun : la plupart constatent les avancées mais attendent davantage de détermination et d’authenticité dans les changements promis par les entreprises et dans les comportements qu’elles adoptent. Il faut rappeler à cet égard que s’affirmer plus vert que les autres ou plus avancé socialement n’a rien à voir avec la RSE : il s’agit tout au plus de proclamations ou d’incantations. La RSE, c’est bien autre chose. C’est une démarche de management consistant à prendre des engagements avec ses parties prenantes, puis à les évaluer et à les réguler avec elles. C’est pourquoi je propose de traduire l’acronyme RSE par Retour Sur Engagements. Les exemples souvent légitimement mis en avant de « greenwashing » et de « social-washing », c’est-à-dire la constatation d’un écart entre le dire et le faire, ne reflètent en rien l’échec de la RSE, mais simplement l’amateurisme (ou plus grave, le cynisme) d’entreprises qui n’ont pas compris la discipline que nécessite la démarche de la RSE. Fort heureusement, et ce dossier le montre bien, bon nombre d’entreprises conduisent leur politique RSE de façon professionnelle et éthique. 

Lire la suite

RSE et compétences : Lame de fond ou écume de mer ?

RSE et compétences : Lame de fond ou écume de mer ?

Par Elisabeth Provost Vanhecke

Pour certaines entités, satisfaire aux principes systémiques de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ne signifie pas pour autant prendre en compte la « pratique » individuelle dans la construction de la compétence, ni les circonstances dans lesquelles elle s’est fabriquée. Ces entreprises oublient que si l’environnement de la personne ne lui est pas favorable, celle-ci peut se retrouver de facto en situation d’incompétence. Dans ces circonstances, quel est le lien avec la « compétence artefact » du référentiel de compétences, qui fait l’impasse sur les conditions subjectives de son émergence ?

Lire la suite

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Par Martin RICHER est consultant en Responsabilité Sociale des Entreprises. Fondateur de Management & RSE

La RSE est un objet théorique ancré dans les sciences de gestion. Son demi-frère, le développement durable, est né au sein des sciences du vivant. L’une comme l’autre font rarement incursion dans le débat public. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2018 et 2019 avec la concertation et la controverse qui ont entouré la réalisation du rapport Notat – Senard puis le vote de la loi PACTE. 

Remis au gouvernement le 9 mars 2018 par Nicole Notat, présidente de la société de notation Vigeo-Eiris et Jean-Dominique Senard, à l’époque président du groupe Michelin, le rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » a relevé le défi d’affronter la grande défiance que les citoyens français adressent à leurs grandes entreprises (voir : « L’entreprise en 2019 : la disruption ou la détestation ! » http ://management-rse.com/2019/02/19/lentreprise-en-2019-la-disruption-ou-la-detestation/). Si cette défiance s’adresse aux grandes entreprises alors que les TPE et PME font au contraire l’objet de jugements positifs, c’est bien que les premières apparaissent « hors-sol », indifférentes à leur écosystème, alors que les secondes sont insérées dans des relations de proximité avec leurs parties prenantes, notamment leur territoire et leurs salariés. 

Lire la suite

De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

Par Marc Deluzet, Délégué général de l'OSI

Ces vingt dernières années, la RSE s’est imposée comme un axe incontournable des politiques RH. Mais, sous l’effet d’une double évolution stratégique, transformation des modèles d’affaires et remise en cause d’un modèle de capitalisme centré sur la performance financière, les questions relatives à la RSE changent de nature. Les dirigeants leur accordent une place désormais stratégique. Reste à passer du discours aux actes : les Directions Des Ressources Humaines sont au cœur de ce défi.

Lire la suite

Recruter des militaires blessés : au-delà de la Responsabilité Sociale d’Entreprise, une démarche porteuse de sens

Par Dominique LEVY, Présidente du Groupe de Travail « Reconversion des Militaires Blessés » du Comité de Liaison Défense du MEDEF

Qu’elle survienne à l’entraînement, au combat, en opération extérieure ou dans le cadre du plan Vigipirate, la blessure chez le militaire est bien souvent une remise en question de l’avenir dans lequel il s’était projeté. Lorsque le parcours de soins médicaux s’achève par le couperet de l’inaptitude à exercer une profession combattante, un nouveau départ professionnel s’impose.

Les armées, soucieuses de ne laisser aucun des leurs au bord du chemin, ont mis en place un certain nombre de dispositifs pour aider les militaires blessés dans leur démarche de reconversion.

Favoriser la rencontre entre militaires blessés et entreprises

La Cellule d’Aide aux Blessés de l’Armée de Terre (Cabat) s’est montrée pionnière dans l’aide au retour à l’emploi de militaires blessés. En effet, l’enjeu est de taille : parmi les 1 000 blessés accompagnés en permanence par la Cabat, près de 400 sont en phase de reconversion professionnelle.

Sa cellule Réinsertion a conçu le parcours d’accompagnement Omega. Il permet à des blessés de découvrir le monde de l’entreprise au cours de stages d’immersion. Arquus, Renault, Michelin, la SBE, Thales ou encore SFIL en sont devenus des partenaires fidèles. Près de 170 soldats de l’Armée de Terre ont bénéficié de ce dispositif. Et 60 d’entre eux ont trouvé un nouvel élan professionnel dans le civil. Les cellules d’aide aux blessés de l’Armée de l’Air et de la Marine ont à leur tour adopté le dispositif Omega qui a prouvé son efficacité.

De plus, Défense Mobilité, l’agence de reconversion de la défense, propose aux sociétés désirant recruter un militaire blessé, des profils adaptés à leurs attentes. Grâce aux Périodes de Formation Gratuite en Entreprise (PFGE) et aux Périodes d’Adaptation en Entreprise (PAE), elles peuvent appréhender et développer les compétences du militaire avant son embauche. Durant cette période, le militaire se forme et se familiarise avec l’entreprise tandis que celle-ci s’assure de la performance de son futur collaborateur.

Quels que soient les dispositifs de réinsertion, ils sont gratuits pour les entreprises. Car ces « stagiaires » de haut niveau continuent, pendant leur stage, à être rémunérés par le Ministère des Armées. Et si l’entreprise et le militaire blessé décident de poursuivre leur collaboration, ce dernier s’engage dans un processus de réforme (radiation des effectifs des armées) afin de pouvoir signer un contrat (CDI, CDD,…) auprès de l’entreprise d’accueil.

Recruter des militaires : un atout pour l’entreprise

Les militaires, blessés ou non, ont développé au cours de leur carrière dans les armées des compétences recherchées. Et ce dans des métiers variés : électronique, informatique, encadrement, logistique, maintenance, transport, protection de site, etc.

Quant à leurs valeurs, elles sont un véritable atout : loyauté, engagement, sens du collectif, solidarité, discipline, autonomie… Et les effets sont vertueux : les entreprises accueillant des militaires voient se développer en leur sein l’émulation, le travail en équipe, le sens de la mission et du résultat.

Pour en savoir plus et recruter

Le Mouvement des Entreprises de France (Medef) s’est engagé auprès du Ministère des Armées pour favoriser la rencontre du monde de l’entreprise et des militaires blessés. A cette fin, un guide a été réalisé à destination des chefs d’entreprise, directeurs des ressources humaines, responsables RSE…   « Recruter dans vos équipes un militaire blessé : un engagement pour l’entreprise » est téléchargeable sur https://www.medef.com/fr/content/recruter-dans-vos-equipes-un-militaire-blesse-un-engagement-pour-lentreprise


Témoignage de Jean-Jacques Chovet, DRH chez Renault Trucks Defense

« Comme toute entreprise de plus de 20 salariés, nous devons employer un certain pourcentage de travailleurs en situation de handicap. J’ai longtemps cherché la solution quand un soir j’ai regardé un reportage sur le stage "mer et blessure" de la CABAT. J’ai vu de jeunes gens surmonter leur traumatisme et développer une vraie capacité de résilience. Après avoir contacté la CABAT nous avons été les premiers à accueillir deux militaires en stage d’immersion. J’ai rapidement vu leur potentiel. Ils apportaient des valeurs que toute entreprise recherche : la loyauté, l’investissement personnel, l’envie d’apprendre et d’accomplir la mission. Le plus difficile était de leur faire comprendre qu’ils avaient plus de capacités qu’ils ne croyaient. Quelle meilleure expérience que celle d’un pilote de VBCI (N.D.L.R. Véhicule Blindé de Combat de l’Infanterie) qui est intervenu sur son véhicule en plein désert malien ? Aujourd’hui trois d’entre eux ont signé un CDI chez nous, et nous espérons accueillir prochainement d’autres stagiaires en immersion. Le partenariat ne fait que commencer. Je téléphone régulièrement à la Cabat pour recruter plus de candidats de cette trempe. »


Témoignage de Robert N’Guyen, conseiller financier chez SBE

« En 2014, j’ai participé à l’opération Sangaris, ma première OPEX (N.D.L.R. Opération Extérieure). Je pensais être prêt. Je ne l’étais pas. Le retour a été dur, une blessure invisible est difficile à raconter. J’ai fait la démarche de consulter un spécialiste pour mettre des mots sur ce qui m’arrivait. Mon référent Cabat m’a soutenu et m’a permis de reprendre espoir. En 2016 j’ai eu la chance de rencontrer un cadre de la banque SBE qui m’a proposé une immersion au siège principal. J’y ai appliqué ce que je faisais déjà à l’armée : la rigueur, la discipline et l’envie. Aujourd’hui, je viens de signer un CDI, une nouvelle vie s’ouvre à moi. Sans l’aide de la Cabat et de Terre Fraternité, je serais peut-être encore cloîtré chez moi. C’est le message que je veux faire passer à tous mes camarades atteints de cette blessure : ne lâchez rien. Avec de l’aide et de la volonté, on peut s’en sortir. »


  • MagRH1
  • MagRH2
  • MagRH3
  • MagRH4
  • MagRH5
  • MAgRH6
  • MagRH7
  • MAgRH7b
  • MagRH8
  • MagRH9LT
  • MagRH10
  • MagRH11
  • MagRH12
 

Mots-clés: RSE, MagRH8

Les articles relatifs à la prospective et à l'avenir des RH