Pour aller plus loin avec la prospective ...

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

Denis Monneuse, Enseignant-chercheur, directeur du cabinet de conseil « Poil à Gratter 

Les réunions de travail, c’est comme les relations sexuelles : on s’en souvient rarement en détail quelques jours après, mais celles dont on se souvient restent en revanche gravées dans notre mémoire à jamais.

Parmi celles dont je me souviens (les réunions de travail, pas les relations sexuelles !), il y a les cinq suivantes que je voudrais partager avec vous car elles ont contribué à forger mon regard sur la RSE. En deux mots : la RSE devrait être la cerise sur le gâteau, la nouvelle lubie d’une entreprise une fois qu’elle fonctionne parfaitement. Or l’expérience montre que les organisations mettent la charrue avant les bœufs : elles se délectent de responsabilité sociale, voire sociétale, alors qu’elles parviennent à peine à respecter les lois.

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La performance sociale : D’une contrainte légale à une opportunité de développement d’entreprises citoyennes

La performance sociale : D’une contrainte légale à une opportunité de développement d’entreprises citoyennes

Charlotte Dubois et Louis Vaneecloo, Solucial Avocats - www.solucial.com

En période de forte chaleur comme en cas de déluge, en tant qu’avocats en droit social, nous baignons quotidiennement dans le monde de l’Entreprise, dont la définition connaît ce qui pourrait bien à terme être considéré comme une révolution. En effet, la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises), entrée en vigueur le 22 mai 2019 a modifié pour la première fois la définition de l’entreprise, inscrite à l’article 1833 du Code Civil.

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Une RSE d’impulsion

Une RSE d’impulsion

Interview Antoine Vignial, Secrétaire Général du Groupe Saint-Gobain en charge de la RSE

Pour Saint-Gobain, comment est structurée la « filière » RSE et quels sont les sujets prioritaires  ?

La RSE chez Saint-Gobain est prise en compte dans la stratégie et les décisions quotidiennes, dans les modes de management et la gouvernance, à tous les niveaux, mais elle n’est pas pilotée comme une filière à part. C’est une RSE d’impulsion : impulser des dynamiques, des politiques, des plans d’action, mis en œuvre par les équipes sur le terrain. La RSE porte une vision transversale des enjeux et des intérêts croisés, financiers, sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle aide à créer un dialogue positif, elle s’assure que le niveau des objectifs fixés est bien à la mesure des attentes de nos parties prenantes, internes et externes. Elle met l’organisation sous tension là où les sujets ne sont pas naturellement abordés. 

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De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

Par Marc Deluzet, Délégué général de l'OSI

Ces vingt dernières années, la RSE s’est imposée comme un axe incontournable des politiques RH. Mais, sous l’effet d’une double évolution stratégique, transformation des modèles d’affaires et remise en cause d’un modèle de capitalisme centré sur la performance financière, les questions relatives à la RSE changent de nature. Les dirigeants leur accordent une place désormais stratégique. Reste à passer du discours aux actes : les Directions Des Ressources Humaines sont au cœur de ce défi.

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Et si la RSE devenait [aussi] la responsabilité sociale de l’employé.e ?

Par Jérôme Delorme, ancien Chargé d’étude RSE et ancien Auditeur interne, Cofondateur de Mobeetip

On s’échine souvent sur le fait de savoir si l’acronyme RSE signifie Responsabilité « Sociale » ou « Sociétale » de l’Entreprise. Mais on se pose rarement la question si cela peut désigner aussi la Responsabilité Sociétale de l’Employé.e ? Bien sûr, elle est moindre que celle de l’entreprise, mais est-elle nulle pour autant ?

Malgré l’importance des enjeux sociaux et environnementaux, la RSE reste encore peu ou pas incarnée dans beaucoup d’entreprises, du plus haut au plus bas niveau. Alors que l’ensemble des individus est concerné et que chacun peut agir, comment améliorer la situation, compte tenu des ressources que nous mobilisons au quotidien ?

Des communautés d’intrapreneurs à la base du changement 

Loin de dédouaner les entreprises d’agir à leur propre niveau, de plus en plus de collaborateurs souhaitent agir dans leur quotidien, entre collègues. Dans un certain nombre d’entreprises, on assiste à l’émergence de réseaux d’acteurs internes, qui souhaitent mener des actions pour réduire l’impact de l’activité économique sur les territoires. Ces coordinations plus ou moins informelles sont parfois spontanées, parfois encourageés par l’entreprise.

Habilement, certaines entreprises utilisent cette énergie pour incarner leur stratégie de marque en général, et de marque employeur en particulier. C’est par exemple le cas du Groupe BNP Paribas, qui a développé le programme Intrapreneur4Good. Cette initiative permet de travailler sur le « sens » et « l’impact positif » en lien notamment avec le mouvement Tech4Good qui émerge partout dans le monde. Mais ce programme permet aussi de travailler sur l’initiative, voire sur la prise de risque, car c’est l’une des clés de l’innovation, notamment dans les grandes organisations traditionnelles.

De plus en plus de personnes ont conscience des moyens qui sont mis à leur disposition par l’entreprise pour pouvoir effectuer leur travail : un bureau, à chauffer ou à climatiser, de l’énergie, du matériel électronique, des espaces de stockages de données, des déplacements, parfois un service de restauration, etc.  Ce sont ces ressources qui ont un impact sur notre environnement. Cette problématique s’applique avant tout au cas typique du salarié-cadre d’un grand groupe, mais pas uniquement. Elle intéresse de fait tout ceux qui se définissent comme des « collabor’acteurs ».

La difficulté de réduire ensemble, et les frais généraux, et l’impact environnemental

Ces ressources représentent un coût substantiel pour l’entreprise et un impact non moins substantiel pour la planète. Les simples déplacements de collaborateurs représentent en moyenne plus de 1% du chiffre d’affaires d’une entreprise d’après l’AFTM1, et souvent beaucoup plus, dans son Bilan Carbone®. Lorsque l’entreprise parvient à mettre en œuvre un plan d’optimisation sur ces ressources avec ses collaborateurs, que ce soit pour des motivations environnementales ou économiques, elle peut réaliser des gains très importants, tout en donnant du sens, en produisant de l’impact qui sera tout autant sinon plus valorisables, dans la mesure où cela se fait en bonne intelligence.

Le dialogue social à la française est ainsi fait que c’est rarement par ce canal que passe la mise en place effective d’une politique et de pratiques RSE audacieuses. L’étape du Comité Social et Economique représente le plus souvent une étape obligatoire, en fin de parcours, lorsqu’il s’agit d’entériner un plan d’optimisation des ressources, ce que les membres du dudit Comité ne manquent pas de remarquer en séance.

Que ce soit au niveau des Instances Représentatives du Personnel, au niveau de nouvelles coordinations plus souples ou encore au niveau individuel, les écogestes sont un enjeu pour l’environnement mais aussi pour le compte de résultat. Alors comment aller plus loin ?

L’explosion des données, une opportunité pour des actions collectives renouvelées

En 2011, dans un article2 publié dans la Harvard Business Review, Michael Porter soulignait pourtant l’intérêt qu’il pouvait y avoir pour la compétitivité – et les résultats financiers -  d’une entreprise à cultiver le lien avec ses parties prenantes. Depuis cette date, c’est surtout la digitalisation du monde que l’on peut retenir. En 2018, 90% des données dans le monde ont été créées l’année précédente mais seulement 1% de ces données sont réellement utilisées selon Daniel Newman3. 

L’explosion des données est un problème puisque leur stockage implique des serveurs régulièrement alimentés en énergie produite à partir de centrales à charbon. Ce foisonnement de données peut également permettre de mieux partager l’information telle qu’elle se diffuse actuellement au sein des entreprises. En diffusant l’information, on conscientise et parfois, on favorise le passage à l’action.

Ce partage d’information permet de s’accorder sur des objectifs de manière plus souple, plus efficace ainsi que sur le fait qu’ils soient atteints ou non, et dans quelle proportion et à quelle fréquence. Il est possible de demander aux collaborateurs de faire des économies, ayant des effets positifs sur l’impact environnemental, dans la mesure où ils en perçoivent une part concrète et juste de leurs efforts.  

Par exemple, favoriser le train au détriment de l’avion, le vélo au détriment de la voiture pour ses déplacements domiciles-travail, pratiquer l’écoconduite avec le parc de véhicule présentent des doubles bénéfices évidents et des montants substantiels.

Le partage de gains via l’analyse de données permet de créer une incitation douce, un « nudge », au niveau individuel et/ou collectif en expliquant que personne ne peut forcer tout le monde à réduire. Il est possible de mesurer ces efforts et de récompenser ces réussites sur le principe du partage de gain, via le mécanisme que constitue l’intéressement, mais pas seulement. Des alternatives existent comme le fait de reverser une partie des gains à des projets internes, ou citoyens, choisis par les collaborateurs. Chacun peut devenir acteur et être rétribué pour cela.

Sur le créneau des économies pures, la startup californienne TripActions a levé 480 millions de dollars depuis sa création, sur le concept du partage de gains4. Cette entreprise est désormais valorisée 4 milliards de dollars.

Le partage de gains entre l’entreprise et ses collaborateurs constitue un nouveau partage de la valeur au sein de l’entreprise. Cette méthode, qui permet de mettre chacun en capacité, saura-elle bénéficier à la dimension environnementale en plus de la dimension financière ?

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