Pour aller plus loin avec la prospective ...

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

Denis Monneuse, Enseignant-chercheur, directeur du cabinet de conseil « Poil à Gratter 

Les réunions de travail, c’est comme les relations sexuelles : on s’en souvient rarement en détail quelques jours après, mais celles dont on se souvient restent en revanche gravées dans notre mémoire à jamais.

Parmi celles dont je me souviens (les réunions de travail, pas les relations sexuelles !), il y a les cinq suivantes que je voudrais partager avec vous car elles ont contribué à forger mon regard sur la RSE. En deux mots : la RSE devrait être la cerise sur le gâteau, la nouvelle lubie d’une entreprise une fois qu’elle fonctionne parfaitement. Or l’expérience montre que les organisations mettent la charrue avant les bœufs : elles se délectent de responsabilité sociale, voire sociétale, alors qu’elles parviennent à peine à respecter les lois.

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Rendre les travailleurs acteurs de la RSE

Rendre les travailleurs acteurs de la RSE

Interview de Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT

Quelle légitimité possède une organisation syndicale pour s’immiscer dans des considérations sociétales et écologiques ? 

Aujourd’hui plus que jamais, l’urgence sociale et environnementale nous oblige à prendre en compte les enjeux écologiques et sociétaux. Cela n’aurait pas de sens de faire autrement. Le réchauffement climatique accentue les inégalités sociales. On ne peut plus avoir une approche segmentée : les questions sont totalement liées. Pour la CFDT, ce n’est pas nouveau. Nous nous sommes toujours intéressés au développement durable. Notre boussole c’est le progrès, l’intérêt général dans toutes ses dimensions. En tant qu’acteur de la société civile le syndicalisme est légitime à défendre la planète car les activités du travail ont des effets sur elle et sur les droits humains. Ce n’est que dans une approche globale que nous pourrons construire des solutions. A la COP 21, le mouvement syndical international s’était d’ailleurs fédéré autour du constat suivant qui est devenu slogan : « Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte ». Cela a été le point de départ d’un plan d’action sur la revendication d’une « transition juste » qui prenne en compte l’impact sur l’emploi d’une transition vers une économie bas carbone.

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Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

 

Par Jean-Claude Dupuis, professeur à l’Institut de Gestion Sociale, auteur de l’ouvrage « Économie et comptabilité de l’immatériel. Enjeux du reporting non financier »

Le champ du reporting non financier est travaillé depuis une vingtaine d’années par de nombreuses innovations tant au niveau national qu’international. D’un côté, des pratiques de reporting sur la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) se sont développées, consacrées par le code de commerce : au-delà d’un certain seuil en capitalisation ou en effectifs, les sociétés ont l’obligation d’informer sur les impacts de leur activité et leurs engagements en matière de droits sociaux, de droits de l’homme, de protection de l’environnement, d’éthique des affaires, de liens avec les communautés environnantes et de gouvernance. D’un autre côté, la thématique du reporting du capital immatériel est montée en puissance avec un cortège d’initiatives visant à proposer des lignes directrices en matière de publication d’informations sur ledit capital immatériel.

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De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

De la RSE à la raison d’être, le défi des DRH

Par Marc Deluzet, Délégué général de l'OSI

Ces vingt dernières années, la RSE s’est imposée comme un axe incontournable des politiques RH. Mais, sous l’effet d’une double évolution stratégique, transformation des modèles d’affaires et remise en cause d’un modèle de capitalisme centré sur la performance financière, les questions relatives à la RSE changent de nature. Les dirigeants leur accordent une place désormais stratégique. Reste à passer du discours aux actes : les Directions Des Ressources Humaines sont au cœur de ce défi.

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RH, Communication & RSE cher INVIVO

Interview de Sébastien Graff, Directeur des Ressources Humaines, de la Communication et de la RSE chez INVIVO

Depuis quand la fonction RH est-elle en charge de la RSE chez InVivo ?

La thématique de la RSE est apparue dans l’entreprise fin 2010 et s’est naturellement intégrée au sein de la direction des RH. L’objectif de l’époque était d’introduire un quadrilatère vertueux traitant des mêmes sujets RSE, au sein des directions de la RH, de la communication, de la RSE et d’« Invivo Foundation » (le fonds de dotation d’InVivo dédié à une mission d’intérêt général).

Vous pouvez nous présenter le Groupe en quelques mots ?

Premier groupe coopératif agricole français, InVivo réunit 201 coopératives, qui rassemblent près de 300 000 agriculteurs. InVivo comprend 3 pôles d’activités : Bioline by InVivo (agriculture), InVivo Retail (jardinerie et distribution alimentaire) et InVivo Wine (vin). 2 entités transverses sont dédiées à l’innovation : InVivo Food&Tech et InVivo Digital Factory. Créateur d’intelligence alimentaire, InVivo a pour mission de transformer le monde agricole de manière responsable et durable, au bénéfice des agriculteurs, des coopératives et des consommateurs. 

Quelles sont les spécificités de vos métiers et marchés qui vous semblent les plus compliquées à faire entrer dans une démarche RSE ?

Je vais prendre le contrepied de votre question car nos métiers (InVivo Wine, InVivo Retail, Bioline by InVivo) sont « RSE inside », c’est-à-dire que la responsabilité sociétale et environnementale est intégrée dans notre stratégie comme levier de performance. 

Notre métier est de faire le lien entre la Terre, ceux qui la cultivent et ceux qui s’en nourrissent. En amont, côté terre, les enjeux RSE sont de produire suffisamment pour nourrir une population mondiale - dont le taux démographique augmente en continu - tout en respectant l’environnement. En aval, côté consommateur, l’objectif est de satisfaire les attentes sociétales en matière de santé, de goût et des pratiques respectant la nature et les animaux.  Au centre, les agriculteurs doivent bénéficier d’une juste rémunération, d’un accès aux apports technologiques pour une meilleure productivité et pour une amélioration de leur qualité de vie. 

Dans RSE il y a « social et/ou sociétal », en quoi la fonction RH est-elle impactée dans un processus RSE ?

Dans notre plan stratégique « 2030 by InVivo », les enjeux sociaux et humains sont au cœur de nos développements via 2 leviers : 

  • La performance « Smart RH », qui développe les meilleures pratiques en matière de RH ;
  • Le « #social » qui vise à bâtir la meilleure offre sociale pour les salariés en termes d’égalité des chances, de gestion des carrières, de dialogue social ou d’implication des salariés.  

Dans le cadre de la construction du projet « 2030 by InVivo », qui se veut collectif et engagé, ​les collaborateurs ont d’ailleurs été invités à partager leurs idées ​sur une plateforme collaborative, après avoir été réunis avec le DG pour entendre les ambitions et les tendances dans le domaine. 

Quel est le positionnement des partenaires sociaux sur le sujet ? Avez-vous un accord ?

La dynamique du dialogue social chez InVivo est très importante. Depuis 2010, le groupe signe en moyenne 3 à 5 accords par an. Il n’y a pas d’accord RSE à proprement parler mais les accords tels que celui sur le dialogue social, l’égalité, la diversité ou encore sur la GPEC reprennent en grande partie des thématiques liées à la RSE. 

On a coutume de dire que l’implication de la gouvernance est un facteur clé de succès sur l’atteinte des objectifs RSE, est-ce le cas chez vous ? Est-ce que ça permet à la fonction RH d’être reconnue comme acteur stratégique ?

Par rapport à la gouvernance, les administrateurs du groupe InVivo sont très fortement impliqués dans les thématiques RSE car ils sont issus du monde agricole. Le groupe a créé une direction RSE, et des compétences ont été intégrées dans chaque holding métier. Ce qui permet au conseil d’administration d’être informé sur des travaux de fond. Par ailleurs, à l’occasion de l’élaboration de « 2030 by InVivo », une commission « RSE et innovation » comprenant plusieurs administrateurs a été créé pour apporter leur réflexion sur la politique que devrait mener le groupe en RSE.  

L’univers des coopératives est-il une opportunité ou un frein à cette démarche ?

Nous avons coutume de dire que la coopération agricole est « RSE inside ». La traduction de la RSE en droit des entreprises a été concrétisée par la loi PACTE avec la création d’un nouveau statut juridique de « Société à mission ». La coopération agricole et InVivo ont été actifs lors des débats parlementaires et des réflexions sur la loi PACTE, pour aboutir au statut de Société à mission, outil complémentaire au développement de la RSE dans les coopératives. 

Comment la RSE intègre la « marque employeur » ?

L’attractivité d’InVivo passe par une grande visibilité via les médias et les réseaux sociaux, spécialement notre compte Twitter (@InVivoGroup) qui fonctionne très bien. Les projets mis en avant sont très liés aux thématiques RSE. Nous constatons d’ailleurs à travers les candidatures spontanées ou au moment des recrutements que les candidats sont très renseignés et concernés par les thématiques RSE. 

La financiarisation de la RSE donne-t-elle au Groupe une valeur financière reconnue par ses partenaires banquiers ?

Les critères RSE sont systématiquement au cœur des débats lors de levée de fonds ou discussions avec les partenaires financiers. Au-delà de l’impact sur la valeur financière de la filiale, la thématique RSE est génératrice de réel business. L’absence de la prise en compte de la RSE = l’absence de valeur. 

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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