Tous compétents ?

Serial Learner, un talent à développer

Serial Learner, un talent à développer

 

Soufyane Frimousse, IAE de Corse
et Jean-Marie Peretti, ESSEC Business School

Face aux transformations et au souhait d’agilité des entreprises, les collaborateurs doivent être capable de développer continuellement de nouvelles compétences. Etre un « Serial Learner  » devient un talent essentiel. Le Serial Learner est celui qui possède la capacité de se former et d’apprendre en sortant des sentiers battus (Anglade, 2015). Il est attentif aux évolutions qui affectent son métier et anticipe les nouvelles compétences à développer. Il devient acteur du développement de son employabilité. Pour acquérir de façon continue les nouvelles compétences pertinentes, le serial learner s’appuie sur le modèle d’apprentissage 70-20-10 (McCall, 1996). 

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Décrypter le monde de demain et son impact sur les compétences

Décrypter le monde de demain et son impact sur les compétences

 

Olivier Lajous débute sa carrière comme matelot du service national et la termine comme Amiral. En 2009, il est nommé DRH de la Marine Nationale et est élu DRH de l’année. Il est aujourd’hui le Président du Directoire de BPI group, cabinet de conseil en stratégie humaine. Olivier Lajous est l’auteur de nombreux ouvrages dont notamment : L’art de diriger  ? (l’Harmattan), l’Art du temps (l’Harmattan), l’Art de l’équilibre (l’Harmattan).

Vous avez mis en place un observatoire du travail et un baromètre de l’employabilité au sein de BPI, quelles mutations du monde du travail identifiez-vous et quels sont les impacts  ?

Nous nous sommes intéressés à 3 grandes transformations de l’emploi et aux défis du monde du travail d’aujourd’hui et de demain. Nous avons interrogé les salariés sur la mutation rapide des métiers et des compétences, la formation et l’égalité des genres dans l’entreprise. Parmi les tendances fortes, on retient notamment que la moitié des salariés se sentent bien préparés à l’évolution de leurs métiers, alors que seuls 4 sur 10 connaissent le contenu de la réforme de la formation. Des résultats qui doivent interroger les dirigeants des entreprises autant que les salariés ! Pour être au rendez-vous des évolutions de son métier, ou pour en changer, chacun doit se former tout au long de sa vie, développer les expériences professionnelles. La transformation des métiers suppose que chacun développe son employabilité, comme on développe un capital. Les salariés français doivent saisir les opportunités qui leur sont proposées : mobilité interne, externe, formation en ligne, etc. Les solutions existent mais sont mal connues, et c’est autant le rôle des entreprises qu’un bénéfice pour elles que d’accompagner leurs collaborateurs à s’emparer du déroulement de leur propre carrière. Enfin, le dernier enjeu, et non des moindres, porte sur l’égalité des genres, la parité homme/femme dans l’entreprise : beaucoup de progrès restent à réaliser en la matière ! Et pourtant, de nombreuses études prouvent que les entreprises mixtes sont plus performantes, plus innovantes et plus attractives. Pour finir, le sujet de la mutation du travail est un enjeu considérable. Pas un jour ne passe sans qu’on ne lise des articles sur la recherche de sens au travail, l’expérience collaborateur, le fonctionnement ouvert de l’entreprise étendue et inclusive, l’essor de l’entrepreneuriat et notamment du microentrepreneuriat, le co working, le collaboratif, etc. pour n’en citer que quelques-unes. La mutation du travail se manifeste aussi par la transformation profonde des relations employeur-employé : le nouveau contrat social doit être au cœur des préoccupations des dirigeants et notamment des DRH.

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Entretien avec Guy LE BOTERF

Entretien avec Guy LE BOTERF

A partir de quel moment la notion de compétence a-t-elle pris place dans les politiques de gestion des ressources humaines et de formation en France ?

Au début des années 70. Il faut se rappeler qu’avant 1973 la compétence n’était pas un « objet de travail  ». Dans le domaine de la formation et dans les entreprises on raisonnait en termes d’objectifs de formation ou d’objectifs pédagogiques. La notion de compétence est devenue essentielle sous l’influence de deux évènements majeurs : la loi Delors de 1971 sur la formation professionnelle continue et le choc pétrolier de 1973.

Des ressources financières étant disponibles avec la nouvelle législation sur la formation continue, la question s’est posée de savoir comment non plus faire de la formation une dépense sociale mais un investissement. Comment alors identifier le résultat attendu de cet investissement ? Que doit produire la formation ? La réponse fut : des compétences. 

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La compétence, faut-il raison garder ?

La compétence, faut-il raison garder ?

Par Élisabeth Provost, Vanhecke Consultante formatrice auteure

Encore aujourd’hui, de multiples débats et opinions surgissent à propos d’une notion érigée en phénomène, « la compétence » ; comme si c’était nouveau… La compétence aurait-elle simplement été emprisonnée dans des concepts que nous aurions nous-mêmes fermés : le métier, la capacité ou l’aptitude ? Ou les raisons de l’instant auraient-elles  fait oublier les réalités d’un demain déjà dépassé ?

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L’apprentissage : une voie royale de l’acquisition de compétences

Sylvie Brunet, Présidente de la commission Travail & Emploi du CESE

Muriel Pénicaud, Ministre du Travail a lancé le 21 février la saison 2 de la campagne #Démarre Ta Story : une campagne faite par les apprentis pour les apprentis !

La saison 2 repose sur un concept inédit car le ministère du Travail a confié les clés d’une campagne de communication en faveur de l’apprentissage, à trois apprentis. À bord d’un van aux couleurs de cette campagne, ils sillonnent la France pour recueillir des témoignages d’apprentis (les « stories  ») qui sont diffusés sur les réseaux sociaux et servent d’exemples à d’autres jeunes qui ne connaissent pas forcément cette voie.

Dans le même temps la ministre du Travail a annoncé les excellents chiffres de l’apprentissage pour 2018 puisque le nombre de contrats signés a progressé de 7,7 % pour frôler les 318 000. La ministre a également rappelé que « Le nombre de jeunes qui demandent à s’orienter vers l’apprentissage en troisième a augmenté de 40 % …preuve d’un début de changement culturel visé par la réforme de 2018  ».

La ministre a annoncé l’ouverture des premières classes prépa-apprentissages. Elles permettront à 28 000 jeunes vulnérables d’envisager un parcours d’apprenti et de construire leur avenir professionnel. 

Les Prépa-apprentissages sont un « sas  » permettant aux jeunes en « rupture de ban  » d’accéder à un parcours d’apprentissage par un accompagnement sécurisant. Les projets lauréats proposeront aux jeunes peu qualifiés des activités et des parcours leur permettant de :

  • découvrir des métiers, mûrir leur projet professionnel, pour choisir leur voie ;
  • consolider leurs compétences de base et leurs savoir-être professionnels ;
  • faciliter la signature d’un contrat d’apprentissage 

« L’apprentissage est une voie de passion, d’excellence et d’autonomie. L’intégration dans le monde professionnel des jeunes, en particulier les plus vulnérables, est un enjeu de premier plan pour leur réussite future  », dixit Muriel Pénicaud.

Pour ma part, chargée par la ministre de diriger le comité de sélection, j’ai pu déclarer : « La concertation menée en amont de la réforme de l’apprentissage a fait émerger de manière unanime le besoin de préparation des jeunes à l’apprentissage. Je suis heureuse qu’une réponse leur soit apportée aujourd’hui.  ». 

Le comité de sélection a retenu une vingtaine de projets portés par 150 CFA qui offriront 28 000 places à des jeunes issus de 430 Quartiers Politique de la Ville qu’ils couvrent.

Voici quelques verbatims de ces jeunes :

« Avant cette transition, j’étais quelqu’un d’asocial et manquant de sérieux. Pourtant, j’avais de bons résultats scolaires. Etre considérée comme une adulte dès ma rentrée au CFA Stephenson m’a beaucoup aidée. En entreprise, j’ai dû travailler sur la communication et le travail en équipe. Me retrouver face à des personnes différentes chaque jour m’a permis d’être plus ouverte. J’ai compris que le respect était la chose la plus importante avant d’entreprendre une discussion avec quiconque  ». Océane, en 2ème année de CAP Commerce au CFA Stephenson.

« Au CFA du BTP de Saint Benoit, nous pensons que l’échec n’est pas une fatalité. Même quand un apprenti rompt son contrat de travail avec l’entreprise qui l’a embauché. Ou quand un jeune, un peu paumé, vient nous voir pour se réorienter. C’est pour eux que nous avons créé différents programmes. La « prépa apprentissage  » viendra compléter notre offre et sera un cordon ombilical pour sécuriser nos pré apprentis  ». Sébastien, enseignant au CFA du BTP de Saint Benoit,Poitiers.

Des places dans ces « prépas apprentissage  » seront disponibles sur tout le territoire français et permettront de donner aux futurs apprentis les connaissances et les compétences requises pour travailler en entreprise et réussir. Elles sont financées par le Plan d’Investissement dans les Compétences dont le déploiement a été confié à Jean-Marie Marx, Haut-Commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi. De nouveaux projets peuvent être soumis jusqu’au 15 mai 2019.

Lancées à titre expérimental dans un souci de rapidité et d’efficacité, les Prépa apprentissages seront pérennisées à la rentrée scolaire 2020 conformément à la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018. Elles se substitueront au programme DIMA (Dispositif d’initiation aux métiers en alternance). 

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, REFORME, APPRENTISSAGE, COMPETENCES, MagRH5, cartographie, GPEC

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