Tous compétents ?

Tranches de vie : La compétence, une approche qui se décline au quotidien...

Tranches de vie : La compétence, une approche qui se décline au quotidien...

En racontant des histoires vécues, Guy Jayne illustre une dynamique qui conduit à la réussite. Regroupées dans un livre, elles s’adressent à tous ceux qui sont concernés par la sortie de crise. Guy Jayne nous invite avec ces 5 tranches de vie à faire un pari sur l’Homme et ses potentialités, à se donner les moyens de le gagner par la mise en œuvre de la logique compétence...

Guy Jayne, en tant qu’opérationnel et animateur dans la métallurgie et la sidérurgie, a été un acteur de la mise en œuvre de ce nouveau type de management qu’est la démarche compétence. En France, en Europe et sur d’autres continents, il a transmis son expérience à de nombreuses entreprises qui se sont inspirées de cette dynamique. Il a présenté celle-ci dans son livre : « organisation et logique compétence » (Les Editions de l’Atelier, 2012)

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Décrypter le monde de demain et son impact sur les compétences

Décrypter le monde de demain et son impact sur les compétences

 

Olivier Lajous débute sa carrière comme matelot du service national et la termine comme Amiral. En 2009, il est nommé DRH de la Marine Nationale et est élu DRH de l’année. Il est aujourd’hui le Président du Directoire de BPI group, cabinet de conseil en stratégie humaine. Olivier Lajous est l’auteur de nombreux ouvrages dont notamment : L’art de diriger  ? (l’Harmattan), l’Art du temps (l’Harmattan), l’Art de l’équilibre (l’Harmattan).

Vous avez mis en place un observatoire du travail et un baromètre de l’employabilité au sein de BPI, quelles mutations du monde du travail identifiez-vous et quels sont les impacts  ?

Nous nous sommes intéressés à 3 grandes transformations de l’emploi et aux défis du monde du travail d’aujourd’hui et de demain. Nous avons interrogé les salariés sur la mutation rapide des métiers et des compétences, la formation et l’égalité des genres dans l’entreprise. Parmi les tendances fortes, on retient notamment que la moitié des salariés se sentent bien préparés à l’évolution de leurs métiers, alors que seuls 4 sur 10 connaissent le contenu de la réforme de la formation. Des résultats qui doivent interroger les dirigeants des entreprises autant que les salariés ! Pour être au rendez-vous des évolutions de son métier, ou pour en changer, chacun doit se former tout au long de sa vie, développer les expériences professionnelles. La transformation des métiers suppose que chacun développe son employabilité, comme on développe un capital. Les salariés français doivent saisir les opportunités qui leur sont proposées : mobilité interne, externe, formation en ligne, etc. Les solutions existent mais sont mal connues, et c’est autant le rôle des entreprises qu’un bénéfice pour elles que d’accompagner leurs collaborateurs à s’emparer du déroulement de leur propre carrière. Enfin, le dernier enjeu, et non des moindres, porte sur l’égalité des genres, la parité homme/femme dans l’entreprise : beaucoup de progrès restent à réaliser en la matière ! Et pourtant, de nombreuses études prouvent que les entreprises mixtes sont plus performantes, plus innovantes et plus attractives. Pour finir, le sujet de la mutation du travail est un enjeu considérable. Pas un jour ne passe sans qu’on ne lise des articles sur la recherche de sens au travail, l’expérience collaborateur, le fonctionnement ouvert de l’entreprise étendue et inclusive, l’essor de l’entrepreneuriat et notamment du microentrepreneuriat, le co working, le collaboratif, etc. pour n’en citer que quelques-unes. La mutation du travail se manifeste aussi par la transformation profonde des relations employeur-employé : le nouveau contrat social doit être au cœur des préoccupations des dirigeants et notamment des DRH.

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Et si les compétences entrepreneuriales construisaient une nouvelle employabilité ?

Et si les compétences entrepreneuriales construisaient une nouvelle employabilité ?

Sylvie Merran Ifrah, We Are Blue Moon. Spécialiste dans l’accompagnement du rebond entrepreneurial, Sylvie a passé plus de 15 ans dans le marketing et la communication, exercées aussi bien pour des grands groupes (Lafarge, CarteBleue Visa, DuPont de Nemours, Natixis, Ayming), que pour de petites structures innovantes dans différents secteurs. Elle s’appuie sur les outils de l’Intelligence Projective pour la conduite du changement et du Marketing pour la conception et le déploiement de plans d’actions pragmatiques.

L’entrepreneuriat revêt de nombreuses réalités : freelance, autoentrepreneur, entreprise individuelle mais aussi associés, dirigeants de startup innovantes, créateur d’entreprise de services… Et mobilisent de nombreuses aptitudes du fait de ces différences. Si Etre entrepreneur représente plutôt dans l’imaginaire collectif et professionnel un ensemble d’aptitudes, on ne naît pas seulement entrepreneur, on le devient grâce à un ensemble de compétences, « pas si soft que cela », des compétences plutôt techniques et éprouvées qui sont aujourd’hui organisées en référentiels et sont enseignées dans des cursus spécialisés. Pourtant, l’entrepreneur en France n’est pas aussi facilement accepté dans l’entreprise s’il voulait redevenir salarié, alors qu’aux Etats-Unis, on assiste à une survalorisation de son parcours. Comme aux Etats Unis, le salariat pourrait devenir un rebond possible pour l’entrepreneur en France, car après avoir dépassé craintes et fantasmes, il est temps d’envisager les compétences entrepreneuriales comme un socle fondateur d’une nouvelle employabilité. 

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Compétences : I have a dream ...

Compétences : I have a dream ...

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Pour commencer, pouvez-vous présenter Publicis Média en quelques mots ?

Publicis Media est l’une des 4 entités du Groupe Publicis (avec Publicis Communications, Publicis Sapient et Publicis Health). C’est la première force d’achat media au monde, avec une solide expertise des stratégies de marques, qui s’appuie sur une excellente connaissance des consommateurs grâce à nos équipes Data Sciences. C’est ce qui nous rend légitimes pour accompagner la transformation marketing de nos clients. Nous comptons plus de 22000 collaborateurs dans le monde qui opèrent dans 100 pays au travers de cinq marques (Starcom, Zenith, Spark Foundry, Performics, Blue 449…).

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La compétence, faut-il raison garder ?

Par Élisabeth Provost, Vanhecke Consultante formatrice auteure

Encore aujourd’hui, de multiples débats et opinions surgissent à propos d’une notion érigée en phénomène, « la compétence » ; comme si c’était nouveau… La compétence aurait-elle simplement été emprisonnée dans des concepts que nous aurions nous-mêmes fermés : le métier, la capacité ou l’aptitude ? Ou les raisons de l’instant auraient-elles  fait oublier les réalités d’un demain déjà dépassé ?

La compétence malade de « pyrrhonisme »1

Quelle est donc cette chose étrange qu’on ne peut définir sans l’obscurcir ? Cette pluralité de définitions et de points de vue qui ne sont en mesure de s’accorder que par le sens quand ils demeurent otages des dogmes et des certitudes que créent le besoin économique et la grande peur d’un lendemain tout numérique ?

La sagesse que l’on accordât aux empereurs de l’ancienne dynastie Ming fut celle de la non-action. Ils avaient compris que les choses évoluaient sans eux et surtout que ces évolutions ne pouvaient exister que s’ils créaient les conditions d’une grande vacuité, un vide d’action générateur de vie. Mis en perspective, qu’adviendrait-il de l’actuel brouillage d’idées et de déclarations à propos de la compétence ?

Sur le plan de son origine, nous sommes tous de possibles géniteurs contributifs à ses multiples naissances qui ont maillé notre histoire économique et sociale. Les doctrines et les déclarations à propos des compétences, celles des universitaires, des consultants ou des organismes répertoriés pour l’étudier ont été plus prolixes que celles des acteurs qui se « contentaient » de l’utiliser pour faire face à leurs besoins.

La notion de compétence évolue et interroge toujours. Dans les années 1980, afin de répondre à l’évolution des postes, la fonction publique territoriale s’en est emparée. Lors des journées internationales de la formation en 1998, le Medef l’a posée comme accompagnant nécessairement le projet d’entreprise. Dernièrement, le rapport 2018-2019 de l’Apec l’installe sur le plan de l’évolution des métiers et des nouvelles formes d’emploi. Et la commission prospective de France Stratégies réfléchit à sa saisine par les entreprises.

Le paradoxe symbolique de la compétence

Cependant, de cette grande diversité d’opinions et de déclarations à propos de la compétence, une alliance entre les acteurs se dégage. Celle d’une conformité dans son application dont il est tiré une puissante conjecture, une conformité d’idée : répondre à l’urgence économique car numérique. Comme si nous étions innocents des impacts d’un processus d’accélération du traitement des données que nous aurions nous-mêmes contribué à créer…

En fait, à quoi servirait de discourir sur des compétences chamboulées par un système économique qui s’est ouvert grâce au partage et aux nouveaux modes de traitement des informations ? A cause (grâce ?) aux disruptions des applications numériques, Uber, Airbnb et autres déstructurations des entreprises de services et de production ? Quand certains d’entre nous ont construit ou ont volontairement emprunté ce chemin ; quand d’autres l’ont désiré, parfois rêvé ; quand certains l’ont ignoré et d’autres encore l’ont subi.

Dans cette pseudo-crise d’adaptation de la « ressource-compétence2 » à la demande économique d’ajustement des entreprises à leurs besoins, notre responsabilité collective est engagée, que l’on soit proactif, acteur ou passif. Ne rien faire est aussi une prise de position.

La compétence, une non-réponse à la crise des temporalités

Répondre à une immédiateté sans en avoir envisagé les conséquences ; sans avoir douté de ses implications ; sans s’être assuré de possibles scénarios alternatifs ; ou s’être soumis à ce que l’on pense ne plus être capable d’éviter… est-ce raisonnable ?

S’il existait une caractéristique dans nos comportements, ce pourrait être la suivante : l’impuissance à prouver que la réalité choisie pour la compétence est bien celle-là et pas une autre. À ce jour, cette réalité non raisonnée a ignoré les symptômes portant rupture des formes économiques en vigueur, bien protégés que nous pensions être dans nos systèmes autocentrés, entreprises ou institutions.

Pourtant, les nuages de la bifurcation étaient bien là ; certains s’en sont même approprié le nom à d’autres fins, le « cloud »…

Alors se questionner à propos des compétences ne conduirait-il pas à regarder l’horizon par le petit bout de la lorgnette ? La source du paradigme d’aujourd’hui ne jaillirait-elle pas plutôt au-delà des montagnes de l’évidence ambiante ?

La compétence entre liberté et menaces…

Demain s’est déjà installé ; il suffit d’aller à sa rencontre dans les nombreux salons et colloques factuels et virtuelles portant les initiatives numériques. Dans cette course effrénée au progrès, quel est le devenir de l’instant ? Alors que le cerveau ne fait pas la différence entre le réalisé et le pensé, pour lui les deux moments sont également vécus ; et si nous bifurquions pour un autre espace, intemporel celui-là, tant qu’il peut exister, un système dont l’humain serait LA finalité ?

Les menaces sont bien là. Dans un univers dont la longévité est aujourd’hui mesurée, quelle est la place de la compétence dans notre survie à terme ? 

Epictète3 déclarait : « Haussez la tête, hommes4 libres ! » Le sommes-nous encore ?


1   Le pyrrhonisme est un courant de pensée rattaché à Pyrrhon d’Elis, philosophe grec (- 365/-275 avant JC). Bien que Pyrrhon n’ait rien écrit, comme Socrate le philosophe, sa vie est un modèle pour ses contemporains. Sa doctrine, rapportée par son disciple Aristolis, peut se définir comme un indifférentisme généralisé : “Nos sensations et nos opinions ne sont ni vraies ni fausses”. Cette attitude d’indifférence seule peut conduire, selon Pyrrhon, à l’ataraxie (la paix de l’âme). Le but de Pyrrhon, comme les stoïciens, est de soustraire l’homme au malheur, qui résulte selon lui de l’attachement aux réalités temporelles. Ce non-malheur est, pour le sage, le bonheur. Le pyrrhonisme influencera grandement le scepticisme.

2   Dixit Guy Leboterf

3   Epictète est l’un des plus célèbres philosophes stoïciens. Sa réflexion porte essentiellement sur la sagesse et la recherche du bonheur. Sa philosophie est fondamentalement minimaliste, puisqu’elle consiste à éviter le malheur, en guise de but de la vie, plutôt qu’une recherche proprement dite du bonheur. Son œuvre la plus célèbre est le Manuel

4   Comprendre en  2019, « hommes et femmes libres » !

Mots-clés: COMPETENCES, MagRH8

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