Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

La qualité de vie au travail dans les startups : une génération spontanée

La qualité de vie au travail dans les startups : une génération spontanée

 

Par Marie Pierre FLEURY

Il n’y a pas si longtemps, les jeunes entreprises avaient des difficultés à recruter. Trop risqué, trop de pression, pas assez structurées, des rémunérations inférieures, pas d’avantages. Quelques succès plus tard, l’image employeur de ces organisations a évolué. Les inconvénients d’hier ont trouvé des solutions ou sont devenus des opportunités. 

Parmi eux, la qualité de la vie au travail. Il faut aussi préciser qu’en parallèle, les entreprises dites « traditionnelles » ont de plus en plus de difficultés à conjuguer incertitude et empowerment des salariés, ce qui concourt à dégrader le travail et les conditions de travail, et à en détourner les salariés. Ainsi les premières générations de startups du numérique ont tout particulièrement marqué les esprits en matière de qualité de vie au travail. Pourtant dans ces startups pionnières, la qualité de vie au travail relève davantage de la génération spontanée que d’une stratégie intentionnelle.  

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Changer le regard

Changer le regard

Par Gaëlle MONTEILLER (Tod), Présidente et cofondatrice

Comment un autre regard sur les hommes et les femmes de l’entreprise peut-il contribuer a ameliorer la sante et le bien-etre des salaries ?

Aujourd’hui, il y a urgence à s’occuper de la santé psychique et du bien-être des collaborateurs. Le stress professionnel est devenu le premier risque pour la santé des travailleurs. Les souffrances pathologiques liées au travail ont augmenté en France au cours de la précédente décennie, conduisant aujourd’hui au chiffre affolant de 22 % des actifs présentant « une détresse orientant vers un trouble mental « (Fondation Pierre Deniker 2018). 

Sans aller jusqu’à la souffrance pathologique, toutes les études montrent aujourd’hui un désenchantement majeur des salariés pour leur travail (ennui, désenchantement, …) qui entraîne un « gâchis de talents », alors que les entreprises peinent à recruter ou à garder leurs meilleurs éléments. 

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Comment les milléniaux façonnent- ils le futur du travail?

Comment les milléniaux façonnent- ils le futur du travail?

Si elle pousse les entreprises à faire preuve de plus d’innovation à propos du futur du travail, la génération Y apporte aussi de nouvelles idées qui vont changer l’espace de travail. On parle beaucoup d’eux, ils jouent un rôle majeur dans l’évolution des attentes, des expériences et des pratiques de l’espace de travail !

Mais qui sont-ils vraiment ? Et que veulent-ils ?

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La qualité de vie au travail : pourquoi le collectif de travail est incontournable ?

La qualité de vie au travail : pourquoi le collectif de travail est incontournable ?

Karen Demaison, Consultante RH & facilitatrice, spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, Karen cumule 10 ans d’expérience dans la formation et le conseil en organisation avant de se tourner vers la fonction RH en 2006, Responsable RH chez Altran, à la Mutuelle Générale de la Police et chez Enercoop. Lors de sa dernière expérience de Responsable

Dans une majorité d’entreprises, la qualité de vie au travail est vue sous l’angle de services au salarié (conciergerie, espace de détente et de sieste, ateliers sportifs pendant la pause méridienne, massages, petits déjeuners bio, etc…). Certes, ces services sont appréciables mais font partie des dispositifs périphériques du travail et n’adressent pas les vrais enjeux de la qualité de vie au travail.

Et, si la qualité de vie au travail dépendait de la création et de l’animation de collectifs en lien avec des valeurs humaines fortes, vraiment mises en place et non affichées ?

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Et le sport dans tout cela ?

Par Bruno MILLION-BRODAZ, Associé Consulting 4 change et Sébastien BEQUART, GYMLIB

Sébastien Bequart est l’un des co-fondateurs de Gymlib. Formé en école de commerce, et après plusieurs années passées en tant qu’auditeur chez Deloitte, Sébastien Bequart dresse avec son collègue de l’époque Mohamed Tazi le même constat : le quotidien rend complexe la pratique d’une activité sportive régulière. En 2013, ils décident de créer Gymlib. 

En quoi la pratique sportive en entreprise peut avoir un impact positif sur la qualité de vie au travail  ?

Le sport c’est l’école de la vie dit Aimé Jacquet. La pratique sportive en entreprise facilite les interactions et permet un juste équilibre vie personnelle / vie professionnelle. C’est un puissant ciment qui crée du lien et décloisonne les organisations en mélangeant générations, hiérarchies et services.

Concrètement, quelles sont les bénéfices identifiées ? 

Chaque entreprise aujourd’hui est consciente de sa place, de son impact et de son image sur le marché. Une démarche qui favorise l’activité sportive favorise sa marque employeur, agit positivement sur la prévention santé (notamment pour les grands groupes) : TMS, RPS, stress, burn out. Enfin c’est un élément concret et simple pour promouvoir l’engagement des collaborateurs.

Quelles données / études permettent de démontrer le ROI de tels dispositifs ?

Voici quelques indicateurs que les entreprises avec lesquelles nous travaillons suivent : turnover, absentéisme, arrêts maladies.

Nous réalisons une photo des indicateurs choisis, organisons leur suivi et observons leur évolution au cours de la collaboration. Au-delà du ROI, nous préférons suivre le ROE (Retour sur engagement, c’est à dire le nombre de personnes qui utilisent le service / total effectif. C’est à notre avis le meilleur moyen d’évaluer l’efficacité d’un service de QVT. Enfin, de nombreuses études sont disponibles sur le sujet : Decathlon Pro, notre étude OpinionWay, recommandations de l’OMS, Medef, NOSCF et Union cycle, …  : en synthèse c’est un investissement rentable !

Pour quelles raisons une entreprise décide-t-elle de proposer ce service à ses collaborateurs plutôt que de leur laisser gérer ce sujet à leur guise (vie privée) ?

C’est une obligation légale de l’employeur. Veiller à la santé mentale et physique des salariés (article 4121 du code du travail). La sédentarité est le 4e facteur de risque de mortalité au monde et les salariés des entreprises dans le domaine tertiaire sont sédentaires (être assis ou couché plus de 4H/jour). Cette sédentarité provoque la plupart des maladies professionnelles (TMS, RPS).

Pour lutter contre celle-ci, l’OMS recommande la pratique régulière d’une activité physique ou sportive.

Quand nous regardons nos clients, nous identifions plusieurs raisons qui poussent un grand groupe à s’inscrire dans ce type de démarche tel que :

  • Wavestone. Un contexte d’entreprise délicat  suite à un rachat : mettre en place une démarche commune pour fédérer l’ensemble des collaborateurs
  • SNCF. le déménagement du siège en banlieue  avec une perte de temps supplémentaire dans les transports. La mise en place de la pratique du sport sur place pour compenser cette perte de temps.    
  • Cabinets d’Audit. Proposer des pratiques sportives à la carte pour séduire les milleniums soumis à un environnement stressant (hyper concurrence, charge de travail, …)
  • Dans les startups. Ce dispositif peut s’apparenter à un outil de reconnaissance qui vient en compensation d’importants horaires de travail et souvent d’une rémunération souvent plus basse et d’avantages moins nombreux que ce que proposent les grands groupes)
Vous êtes aussi implanté en Belgique, y-a-t-il des différences culturelles flagrantes ?

La Belgique, en réalité, on devrait plutôt parler de trois marchés distincts : La Flandre, Bruxelles et la Wallonie, possède une culture d’Europe de l’Ouest assez semblable au niveau du rapport au sport et du rapport au travail. Nous avons réalisé une étude QVT pour la Belgique (https://www.rtbf.be/vivacite/article/detail_les-belges-sont-heureux-au-travail ?id=10175151) et nous avons globalement observé les mêmes statistiques que chez nous si ce n’est un niveau de « bonheur au travail » qui a l’air plus prononcé ! 

Par ailleurs, je trouve que la notion « d’avantages accordés aux salariés » est plus fortes et partagée en Belgique. Pour finir, il y a également une différence au niveau des relations sociales. En France, c’est le CSE qui se charge historiquement (et aussi en raison des exonérations de cotisations sociales) des sujets liés aux activités physiques. Les belges n’ont pas d’équivalent au  CSE. Nous devons nous adapter à cette situation même si on constate que de plus en plus d’entreprises décident de prendre directement ces sujets pour en faire un pilier de leur politique de marque employeur. 

Dans les cas d’une prise en charge directe, quels sont vos interlocuteurs ? 

Nous travaillons principalement avec les DRH et les RRH, quelques CEO, des Office managers, des CHO, des responsables marque employeur, des responsables QVT, des responsable santé, affaires sociales, comp & ben etc… 

Le sport rebat les cartes des organisations et nous sommes parfois obligés de choisir nos clients.

Votre entreprise compte 70 salariés, pratiquent-ils tous une activité sportive et pourquoi ?

La plupart pratique des sports et ils étaient déjà sensibles au sport avant de rejoindre Gymlib. Ceux qui n’étaient pas sportifs s’y mettent, portés par une énergie collective, les défis (run etc) auxquels certains de nos salariés s’inscrivent. Beaucoup d’activités sont proposées, certaines plus tournées bien-être, ce qui permet de toucher plus de salariés. Ce n’est pas une obligation chez nous de faire du sport. On ne force personne  !

Notre mission est clairement de faire faire du sport aux sportifs occasionnels, les sportifs confirmés se motivant seuls. 

Comment l’offre Gymlib s’insère-t-elle dans la démarche globale Qvt d’une entreprise ?

C’est une des composantes pour de nombreuses entreprises. Nous recommandons de toujours inscrire Gymlib dans un projet QVT plus global, porté par les RH et le CODIR en général. L’impact sera d’autant plus fort. La QVT touche de nombreux domaines : flexibilité du travail, management, accès aux formations, …

Nous faisons souvent des lancements en entreprise avec d’autres acteurs QVT. Aujourd’hui,  je pense que les entreprises ont compris que cela devait être une démarche complète.

Autour de la QVT, on voit émerger une pluralité de pratiques extrêmement hétérogènes (papier repas, massage, sport, prévention, ...). Qu’en pensez-vous ?

Ce foisonnement est une très bonne chose. Le champ des possibles de la QVT est immense, et cette sensibilisation est de bon augure pour les prochaines années. 

En revanche, il faut que les entreprises soient conscients qu’elles ne doivent pas se disperser. Et, pour cela, elles doivent :

  • évaluer la pertinence d’un service pour SON entreprise en sondant l’intérêt des salariés
  • articuler cela autour d’une stratégie globale et du projet d’entreprise.
  • Porter le projet, communiquer en interne et en externe, ….
  • et évaluer l’efficacité et la satisfaction des salariés avec des enquêtes internes et des reporting des solutions mises en place
Comment voyez-vous le sujet de la QVT évoluer dans les années à venir ?

Cette thématique prendra de plus en plus de place, l’entreprise devient plus « maternelle ». Les aspirations et exigences de la génération Z renforcent ce besoin. Ce sera bientôt un réflexe, une évidence, et non une simple démarche.

Parmi les prestataires du secteur de la QVT, anticipez-vous des évolutions (concentration, nouveaux opérateurs, ...) ?

Les partenaires et acteurs de la Qvt sont nombreux et divers, il y aura des mouvements de concentration et l’apparition de nouvelles offres. Nous souhaitons être un pôle d’intégration et croissance sur ce marché. La porosité entre vie perso et vie pro va s’accentuer, notamment avec des acteurs qui agissent pour la QVT autant que pour la Qualité de Vie, partant du postulat que l’un influe sur l’autre. 

Gymlib accompagne les entreprises soucieuses d’améliorer la qualité de vie au travail de leurs équipes en proposant aux salariés un abonnement unique et sans engagement pour accéder à +3000 structures de sport et bien-être partout en France. Ce service bénéficie à plus de 100 000 bénéficiaires

  

 

 

        

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